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iPhone 18 Pro : Apple remet un vrai diaphragme dans le téléphone

Quatre ouvertures réelles, de f/1,48 à f/4, sur la caméra principale de l’iPhone 18 Pro. Ce que ce diaphragme apporte, ce qu’en disent les tests, pourquoi Apple l’a fait.

PAR SÉBASTIENPUBLIÉ MIS À JOUR 2 217 MOTS · 10 MIN

Illustration en collage photographique de l’article « iPhone 18 Pro : Apple remet un vrai diaphragme dans le téléphone »
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Site officiel : iPhone 18 Pro — Apple

Ce qu’Apple a annoncé

La caméra principale est un module Fusion de 48 mégapixels, cadrant à 24 mm en équivalent plein format, avec un recadrage 2x à 48 mm. C’est elle, et elle seule, qui reçoit l’ouverture variable. L’ultra grand-angle de 48 mégapixels reste à f/2,2 sur 13 mm, et le téléobjectif de 48 mégapixels à f/2,8 sur 100 mm, avec un recadrage 8x annoncé à 200 mm.

Apple documente le rôle de chaque position. Voici ce que dit la fiche officielle.

OuvertureCe qu’Apple en dit
f/1,48Luminosité maximale, environ 50 % de performances en plus par faible lumière
f/1,8Réglage par défaut, équilibre entre lumière et profondeur de champ
f/2,8Profondeur accrue, plus de détails restitués en arrière-plan
f/4Profondeur maximale, effets artistiques comme l’éclat lumineux
Prix France1 479 € pour l’iPhone 18 Pro, 1 629 € pour le Pro Max
DisponibilitéEn vente depuis le 18 septembre (précommandes ouvertes le 12)

Les commandes Pro de l’app Caméra accueillent au passage l’ouverture, la vitesse d’obturation, la balance des blancs et un histogramme. Phototrend, qui a couvert la présentation, relève la même liste. Les Styles photographiques gagnent le réglage de la texture et du grain. En vidéo, l’iPhone ajuste seul l’ouverture et la cadence.

Pourquoi un diaphragme physique n’est pas un gadget

Depuis dix ans, les téléphones simulent la profondeur de champ. Un algorithme détoure le sujet et floute le reste : c’est le mode portrait. Le résultat s’est beaucoup amélioré, mais il reste un calcul appliqué après coup sur une image nette de bout en bout.

Un diaphragme fait autre chose. Il modifie la quantité de lumière qui atteint le capteur et la zone réellement nette dans la scène. Si vous ne voyez pas bien ce que recouvre le chiffre f/, notre explication de l’ouverture et du diaphragme reprend le principe depuis le début, et notre guide de la profondeur de champ montre ce que change chaque diaphragme sur une même scène.

Un détail de la communication d’Apple confirme qu’il s’agit bien de mécanique. La marque met en avant, à f/4, « un éclat lumineux produit par un éclairage intense ». Cette étoile autour des sources de lumière naît de la diffraction sur les lames du diaphragme quand il est fermé. Aucun logiciel n’en a besoin pour l’imiter, mais aucun téléphone sans diaphragme ne la produit naturellement.

L’autre gain est en vidéo. Une caméra qui peut fermer son diaphragme peut garder une vitesse d’obturation lente en plein soleil, donc un mouvement fluide, là où un téléphone à ouverture fixe n’a que la sensibilité et la vitesse pour se défendre.

Ce que ça ne règle pas

Trois limites méritent d’être posées avant d’imaginer un bouleversement.

La profondeur de champ dépend d’abord de la taille du capteur, pas seulement du chiffre f/. Sur un capteur de téléphone, même à f/1,48, la zone nette reste bien plus étendue que sur un plein format à la même ouverture. Le mode portrait ne disparaît donc pas : il reste nécessaire pour obtenir un arrière-plan vraiment fondu.

À l’autre bout, fermer à f/4 sur un capteur aussi petit fait entrer la diffraction en jeu, et la diffraction adoucit les détails fins. Apple le reconnaît à demi-mot en présentant f/4 comme un choix créatif, pas comme le réglage du maximum de piqué, et les mesures de PetaPixel comme les explications de ses ingénieurs, plus bas, le confirment.

Enfin, l’ouverture variable ne concerne qu’une caméra sur trois. L’ultra grand-angle et le téléobjectif gardent une ouverture fixe. Sur un appareil photo, changer d’objectif change tout : ici, deux modules sur trois restent figés.

En vente depuis le 18 septembre : ce que disent les premiers tests

L’iPhone 18 Pro est en vente depuis le vendredi 18 septembre, jour d’arrivée en boutique annoncé par Apple. Sur l’Apple Store français, le modèle 256 Go est affiché à 1 479 € et le Pro Max à 1 629 €. Les tests ont suivi en quelques jours, et ils se rejoignent sur un point : le gain est réel en basse lumière, l’ouverture variable divise.

DXOMARK, dont le test est paru le 19 septembre, lui attribue 172 points, deuxième place de son classement mondial derrière le Huawei Pura 80 Ultra (175) et quatre points devant l’iPhone 17 Pro (168). Le sous-score photo est de 171, le sous-score vidéo de 176, le plus élevé du classement, et la scène en basse lumière obtient 150, là aussi un record. Le laboratoire cite l’ouverture variable comme « un atout particulier » qui étend automatiquement la profondeur de champ sur les portraits de groupe, et retient en faiblesses le téléobjectif à longue distance (sous-score 143, contre 173 pour le meilleur), des visages sous-exposés en contre-jour et des dominantes de couleur occasionnelles.

PetaPixel (16 septembre, 8,5/10, réponse « oui » à la question d’achat) a mesuré le piqué à chaque position : doux à f/1,48, propre à f/1,8, maximal à f/2,8, en léger retrait à f/4 par diffraction. Le testeur préfère d’ailleurs les étoiles de diffraction obtenues à f/1,8, mieux définies que celles de f/2,8 et f/4, signale un reflet parasite violet très visible à f/1,8, qui diminue en fermant sans disparaître, et rappelle que f/4 ne dispense pas de filtres ND en vidéo au soleil. Autre absence : la sensibilité ISO n’est pas réglable dans les commandes Pro. Apple lui a répondu que chaque photo fusionne trop d’images pour qu’un réglage d’ISO ait un sens.

Numerama (16 septembre, 9/10 pour le Pro Max) est plus sévère sur le diaphragme, rangé dans les points faibles : « L’ouverture variable est trop gadget ». Sur 128 photos prises en mode automatique avec la caméra principale, le téléphone a choisi f/1,48 dans 69 % des cas, f/1,8 dans 21 %, f/4 dans 10 % et f/2,8 jamais ; les rares images à f/4 correspondaient à des scènes très lumineuses ou à des groupes détectés. Le même test place les « photos de nuit vraiment meilleures » en tête des points forts et juge le zoom 4x inchangé.

Autrement dit, en automatique, l’iPhone se comporte presque toujours comme avant, grand ouvert. Le diaphragme ne rend ce qu’il promet qu’à ceux qui vont le chercher dans les commandes Pro.

Pourquoi quatre ouvertures : la réponse d’Apple

Interrogés par PetaPixel le 19 septembre, Matt Waldon, directeur du matériel caméra et profondeur chez Apple, et Jeremy Hendricks, du marketing produit iPhone, décrivent une conception à rebours de ce qu’on imagine : le diaphragme n’était pas le but. « Nous sommes vraiment partis de la sensibilité », explique Waldon. Plutôt que d’agrandir le capteur, ce qui réclame plus de place, un objectif plus gros et plus de puissance de calcul, Apple a ouvert l’objectif de f/1,8 à f/1,48. Mais à cette ouverture, « sans ouverture variable, sur certaines photos, par exemple quelqu’un de près avec quelque chose derrière que vous voulez capturer, vous perdriez vraiment du piqué ». Le diaphragme est né de cette contrainte, et une fois en place, Apple a choisi de l’ouvrir au réglage manuel.

Le mécanisme est continu, mais Apple n’expose que quatre positions « pour l’instant ». f/1,8 reste la valeur par défaut parce qu’elle est très nette, garde un peu de flou d’arrière-plan sur un sujet proche et correspond à ce que les utilisateurs connaissent. Waldon reconnaît les deux pertes aux extrémités : un peu de piqué à f/1,48, à cause des aberrations, et à f/4, à cause de la diffraction. Le diaphragme compte six lames en composite polymère découpées au laser, chacune plus fine qu’un cheveu, entraînées par un rotor compact. Six, parce que davantage de lames ne tenaient pas dans le volume disponible, et parce que leur nombre dessine le bokeh et l’étoile de diffraction. Ce que nous écrivions le 9 septembre sur la mécanique du diaphragme se vérifie donc, avec une nuance : Apple présente f/1,8, et non f/1,48, comme le meilleur compromis au quotidien.

L’iPhone Duo recule côté photo

Le pliable annoncé le même jour prend la direction opposée. Apple parle d’un « système à deux caméras Fusion 48 MP » : une principale et un ultra grand-angle. Dans son propre tableau comparatif, la ligne téléobjectif porte la mention « non applicable ».

L’appareil garde une caméra avant Center Stage de 12 mégapixels et ajoute une caméra FaceTime sous l’écran interne, invisible quand elle ne sert pas. Il est annoncé à partir de 2 339 €, avec des précommandes le 16 octobre et une disponibilité le 23 octobre. Pour un téléphone qui coûte 860 € de plus que l’iPhone 18 Pro, l’équipement photo est en retrait : c’est un objet de format, pas un appareil photo.

Notre lecture : le téléphone emprunte enfin à l’appareil photo

L’ouverture variable est la première fonction photo d’un iPhone depuis longtemps qui ne repose pas sur du calcul. Elle emprunte au boîtier ce que le boîtier fait depuis un siècle et demi, et elle demande au passage que l’utilisateur comprenne ce qu’il règle. C’est ce point qui nous intéresse : Apple met un diaphragme dans les mains de gens à qui on expliquait depuis dix ans qu’ils n’en avaient pas besoin.

Cela ne remplace pas un capteur plus grand ni un vrai objectif. Notre dossier sur l’iPhone face à un hybride plein format détaille où le téléphone rattrape son retard et où l’écart reste entier. Rien de ce qui a été annoncé aujourd’hui ne déplace cette frontière : la surface de capture, elle, n’a pas changé.

L’autre nouveauté du capteur principal ne se voit pas sur la photo : l’iPhone 18 Pro peut signer chaque pixel dès la capture pour prouver qu’une image n’a pas été retouchée. Nous détaillons ce mécanisme, et son absence en Europe au lancement, dans notre article sur l’Image de référence Apple.

En revanche, si vous photographiez surtout avec votre téléphone, il y a de quoi faire dès maintenant, y compris sans changer d’appareil. Nos conseils pour la photo à l’iPhone portent sur le cadrage, la lumière et la retouche, qui pèsent plus lourd sur une image qu’un diaphragme de plus ou de moins.

FAQ

Quelles sont les ouvertures disponibles sur l’iPhone 18 Pro ?

Quatre : f/1,48, f/1,8, f/2,8 et f/4. Elles concernent uniquement la caméra principale de 48 mégapixels. L’ultra grand-angle reste à f/2,2 et le téléobjectif à f/2,8.

L’ouverture est-elle réglable à la main ?

Oui. Apple a ajouté l’ouverture aux commandes Pro de l’app Caméra, aux côtés de la vitesse d’obturation, de la balance des blancs et de l’histogramme. Le réglage par défaut est f/1,8, et l’appareil ajuste seul l’ouverture en vidéo.

Est-ce un vrai diaphragme ou un effet logiciel ?

Un vrai diaphragme. Apple décrit une ouverture qui agit sur la luminosité et sur la profondeur de champ, et met en avant l’éclat lumineux obtenu à f/4 autour des sources vives, un phénomène optique que seule une ouverture physiquement fermée produit.

Combien coûte l’iPhone 18 Pro en France ?

1 479 € pour l’iPhone 18 Pro en 256 Go et 1 629 € pour l’iPhone 18 Pro Max, prix de l’Apple Store France. Les deux sont en vente depuis le 18 septembre 2026, après des précommandes ouvertes le 12.

Que valent les premiers tests de l’iPhone 18 Pro ?

DXOMARK lui donne 172 points, deuxième place mondiale, avec un sous-score vidéo de 176. PetaPixel note 8,5/10 et mesure le piqué maximal à f/2,8. Numerama donne 9/10 au Pro Max mais juge l’ouverture variable « trop gadget » : en automatique, sur 128 photos, f/2,8 n’a jamais été choisie et f/1,48 l’a été dans 69 % des cas.

Pourquoi Apple a-t-il ajouté une ouverture variable ?

Selon Matt Waldon, responsable du matériel caméra chez Apple, l’objectif a d’abord été ouvert de f/1,8 à f/1,48 pour gagner en sensibilité sans agrandir le capteur. À cette ouverture, certaines scènes perdaient du piqué : le diaphragme variable, à six lames polymère plus fines qu’un cheveu, sert d’abord à le préserver, puis à offrir un réglage manuel.

L’iPhone Duo a-t-il un téléobjectif ?

Non. Apple annonce deux caméras de 48 mégapixels, une principale et un ultra grand-angle, et indique « non applicable » à la ligne téléobjectif de son tableau comparatif.

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