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« Sur la photographie » de Susan Sontag : l'essai qui fait réfléchir tout photographe
L'essai fondateur de 1977 : ce que Susan Sontag apprend encore à un photographe d'aujourd'hui. Contenu, édition à choisir, limites.

L’essentiel
« Sur la photographie » de Susan Sontag (Christian Bourgois éditeur, édition de poche « Titres » 2021, 288 pages, 15 €, traduction de Philippe Blanchard) n’apprend ni à exposer ni à composer : ce recueil d’essais paru en 1977 interroge ce que photographier veut dire. Collectionner le monde, cadrer c’est exclure, l’image comme trace et comme pouvoir — un demi-siècle plus tard, à l’ère du smartphone et de l’IA, le texte a des airs de prophétie. Lecture exigeante mais fondatrice, pour photographes de tous niveaux qui veulent penser leur pratique.
Au programme5 sections
Fiche officielle éditeur : Christian Bourgois
De quoi parle ce livre
Susan Sontag décrivait elle-même l’ouvrage comme une méditation prolongée sur notre modernité. Parti d’un essai unique, le projet a grandi en une série de textes liés, publiés en volume en 1977. On y croise Diane Arbus, Walker Evans, la peinture, le cinéma, et surtout une question tenace : que fait la photographie à notre rapport au monde ?
Les thèses ont infusé toute la théorie de l’image depuis : photographier, c’est s’approprier ; la photo transforme l’événement en objet de collection ; l’accumulation d’images anesthésie autant qu’elle documente.
Ce que vous allez vraiment apprendre
Rien de technique — et c’est le but. Le livre déplace les questions : au lieu de « comment faire cette photo ? », il demande « pourquoi la faire, et qu’est-ce qu’elle fera ? ». Pour un photographe, c’est le meilleur antidote au déclenchement compulsif, et un détour fécond avant de revenir à des interrogations concrètes comme qu’est-ce qui fait une bonne photo ou le choix d’un sujet.
Écrit avant le numérique, le texte éclaire étrangement notre présent : la pulsion d’archivage, le tourisme photographique, la circulation des images — tout y est, plus de trente ans avant Instagram.
Pour qui — et pour qui moins
Pour tout photographe qui a envie de penser sa pratique, quel que soit son niveau technique. Le livre parle autant au débutant curieux qu’au professionnel en questionnement. C’est aussi une lecture de référence pour quiconque s’intéresse à l’histoire et à la théorie des images.
Moins pour vous si vous n’attendez d’un livre photo que des résultats immédiats sur vos images : ici, l’effet est indirect. Et le style d’essai littéraire — dense, sans illustrations — peut dérouter qui n’a jamais lu de non-fiction exigeante.
Points forts et limites
La force du texte tient à sa lucidité : les diagnostics de 1977 décrivent mot pour mot des comportements nés avec le smartphone. La traduction française de Philippe Blanchard est fluide, et l’édition de poche « Titres » rend l’ouvrage accessible à 15 €.
Les limites sont celles du genre : aucune image dans un livre qui parle d’images (choix assumé), des références culturelles datées pour un lecteur de 2026, et des formules brillantes qui demandent parfois une relecture. On le lit crayon en main, par petites doses.
Faut-il l’acheter ?
Oui, comme on achète un classique : pas pour progresser cette semaine, mais pour photographier autrement cette année. Avec « La Chambre claire » de Barthes, c’est l’un des deux essais que citent tous les enseignants en photographie — notre sélection des livres pour étudier la photographie les présente côte à côte.
FAQ
Est-ce un livre pour apprendre la photographie ?
Non. Aucune technique, aucun exercice : c’est un essai sur ce que la photographie fait au monde et à ceux qui la pratiquent. Il complète les manuels, il ne les remplace pas.
Sontag ou Barthes : par lequel commencer ?
Les deux se complètent. « Sur la photographie » (1977) est plus ample et plus social ; « La chambre claire » (1980) plus intime, centré sur l’expérience du spectateur. Sontag d’abord si la dimension culturelle vous attire, Barthes d’abord si c’est l’émotion devant une image qui vous intrigue.
Quelle édition choisir en français ?
L’édition de poche de la collection « Titres » chez Christian Bourgois (2021, 288 pages, 15 €), dans la traduction de Philippe Blanchard. C’est la version disponible neuve en librairie.
Où le trouver : voir sur Amazon · fiche officielle de l’éditeur · rechercher sur la Fnac. Retrouvez aussi nos autres livres photo conseillés.


