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GoPro en difficulté : l'entreprise alerte sur sa capacité à poursuivre son activité

GoPro a signalé dans ses comptes un « doute substantiel » sur sa capacité à poursuivre son activité. Ce que dit vraiment cet avertissement, et ce que risquent les acheteurs.

Caméra d'action GoPro Hero 9 Black de face, logo GoPro visible

Sources : rapport trimestriel 10-Q de GoPro déposé auprès de la SEC (11 mai 2026) et amendement du 1er juin 2026, relayés par PetaPixel

L’essentiel

GoPro a signalé, dans ses documents financiers déposés auprès du régulateur boursier américain (rapport trimestriel du 11 mai, complété le 1er juin 2026), un « doute substantiel » quant à sa capacité à poursuivre son activité sur les douze prochains mois. Au 1er trimestre 2026, le chiffre d’affaires recule de 26 % à 99,1 M$, la marge brute s’effondre à 4,3 % et la perte nette atteint 80,8 M$. En cause : la chute des ventes face à Insta360 et DJI, et une flambée du coût des composants mémoire (+80 à 115 %). Attention au vocabulaire : un avertissement « going concern » est une mention comptable de précaution, pas un dépôt de bilan. GoPro continue de vendre et explore des options : vente, pivot vers la défense, financements, et une réduction de 23 % de ses effectifs.

Au programme5 sections
  1. « Going concern » : ce que veut dire l’alerte
  2. Pourquoi GoPro vacille
  3. Ce que l’entreprise compte faire
  4. Insta360 et DJI ont changé la donne
  5. Ce que ça change (ou pas) pour vous

« Going concern » : ce que veut dire l’alerte

Le terme fait peur, mais il faut le comprendre précisément. « Substantial doubt about the ability to continue as a going concern » est une formule comptable normalisée. Les dirigeants et les auditeurs sont tenus de l’inscrire dans les comptes dès qu’il existe un doute sérieux sur la capacité de l’entreprise à tenir douze mois sans financement supplémentaire.

Ce n’est pas une faillite, ni une cessation d’activité. Au 5 juin 2026, GoPro continue de produire, de vendre et d’assurer son service. L’alerte signale un risque, pas un événement déjà survenu. Dans son rapport, l’entreprise précise que, sans financement additionnel ou opération stratégique, elle « pourrait devoir réduire fortement, restructurer ou cesser ses activités » — au conditionnel, comme un scénario à éviter.

Pourquoi GoPro vacille

Les chiffres du 1er trimestre 2026 (clos au 31 mars) expliquent l’inquiétude. Selon le rapport de l’entreprise :

  • Chiffre d’affaires : 99,1 M$, en baisse d’environ 26 % sur un an.
  • Marge brute : 4,3 %, contre plus de 32 % un an plus tôt. C’est le point le plus alarmant.
  • Perte nette : 80,8 M$ sur le seul trimestre.
  • Trésorerie : 40,7 M$, et des capitaux propres devenus légèrement négatifs.

Deux causes principales ressortent. D’abord, une flambée du coût des composants mémoire, que GoPro chiffre entre 80 % et 115 %, sous l’effet de la demande liée à l’intelligence artificielle. Cette hausse a écrasé la marge. Ensuite, GoPro indique avoir enfreint certains engagements (covenants) de ses contrats de crédit au 31 mars, avant d’obtenir une dérogation de son prêteur le 8 mai. L’entreprise anticipe toutefois d’autres difficultés sur ces engagements dans les mois à venir.

Le contexte de long terme pèse aussi. Selon PetaPixel, l’action GoPro s’échangeait autour de 1,18 $ début juin, en recul d’environ 89 % sur cinq ans, et la valorisation de l’entreprise est passée d’environ 4 milliards de dollars lors de son introduction en Bourse en 2014 à quelques centaines de millions aujourd’hui.

Ce que l’entreprise compte faire

GoPro ne reste pas passive. Toujours selon son rapport, le conseil d’administration a mandaté des conseils externes pour étudier des alternatives stratégiques, parmi lesquelles :

  • une vente ou une fusion possible de l’entreprise ;
  • un pivot vers la défense et l’aérospatial, pour réutiliser sa technologie d’imagerie sur de nouveaux marchés ;
  • la cession d’actifs non essentiels ;
  • la levée de financements supplémentaires et la négociation de dérogations avec ses prêteurs.

En parallèle, un plan de restructuration annoncé en avril 2026 prévoit une réduction d’environ 23 % des effectifs, dont la mise en œuvre s’étale sur l’année. L’abonnement GoPro, lui, reste un revenu stable d’environ 27 M$ par trimestre, un point d’appui pour l’entreprise.

Insta360 et DJI ont changé la donne

GoPro a longtemps régné sur la caméra d’action. Ce n’est plus le cas. Selon plusieurs médias spécialisés, Insta360 et DJI ont capté une part de marché importante, sur l’action cam comme sur la caméra 360.

Nous suivons cette bascule depuis des mois : notre dossier sur le duel Insta360 contre GoPro et notre comparatif des caméras de poche Insta360 Luna et DJI Osmo Pocket 4P montrent à quel point la concurrence chinoise pousse fort, avec des produits modulaires et une cadence d’innovation soutenue. La hausse du coût des composants a fait le reste.

Ce que ça change (ou pas) pour vous

Pas de panique. Tant que GoPro est en activité, la garantie de votre caméra, le service après-vente et l’abonnement fonctionnent normalement. Aucune source ne fait état, à ce jour, d’un changement concret sur ces points.

Le risque évoqué reste hypothétique. Il ne se matérialiserait qu’en cas de cessation d’activité ou de reprise modifiant l’écosystème, un scénario que GoPro cherche précisément à éviter. Si vous envisagez un achat aujourd’hui, la situation invite simplement à la prudence : regardez aussi les alternatives Insta360 et DJI, comparez les écosystèmes et les services associés, et tenez compte de la pérennité du fabricant comme d’un critère parmi d’autres.

Foire aux questions

GoPro est-elle en faillite ?

Non. GoPro a signalé un « doute substantiel » sur sa capacité à poursuivre son activité sur douze mois, ce qui est une mention comptable de précaution, pas un dépôt de bilan. Au 5 juin 2026, l’entreprise continue de vendre, de produire et d’assurer son service.

Qu’est-ce qu’un avertissement « going concern » ?

C’est une mention que les dirigeants et auditeurs doivent inscrire dans les comptes dès qu’il existe un doute sérieux sur la capacité de l’entreprise à tenir douze mois sans financement supplémentaire. Elle signale un risque, pas une cessation d’activité déjà actée.

Pourquoi GoPro perd-elle de l’argent ?

Au 1er trimestre 2026, son chiffre d’affaires a reculé de 26 % à 99,1 M$ et sa marge brute est tombée à 4,3 %. GoPro cite la concurrence d’Insta360 et DJI et une flambée du coût des composants mémoire (+80 à 115 %) liée à la demande IA, qui a écrasé sa rentabilité.

Ma caméra GoPro est-elle toujours garantie ?

Oui. Tant que l’entreprise est en activité, la garantie, le service après-vente et l’abonnement GoPro fonctionnent normalement. Aucun changement concret n’a été annoncé sur ces points à la date de publication.

Que compte faire GoPro pour s’en sortir ?

Selon son rapport, GoPro étudie une vente ou fusion, un pivot vers la défense et l’aérospatial, des cessions d’actifs et des levées de financement, tout en appliquant une réduction d’environ 23 % de ses effectifs annoncée en avril 2026.

Faut-il éviter d’acheter une GoPro maintenant ?

Pas nécessairement, mais la prudence s’impose. Comparez avec les alternatives Insta360 et DJI, regardez les écosystèmes et les services, et intégrez la pérennité du fabricant comme un critère parmi d’autres. Le risque reste à ce stade hypothétique.

Pour aller plus loin

Pour situer GoPro face à ses concurrents, voir notre dossier Insta360 contre GoPro et nos précédentes informations sur les teasers GoPro de 2026. Sur la dynamique du marché créateur, notre bilan du NAB 2026 éclaire la montée en puissance des marques chinoises.

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