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Tamron 35-100mm f/2.8 Di III VXD : le zoom portrait compact qui change la donne

Tamron 35-100mm f/2.8 Di III VXD : 565 g, AF VXD, piqué dès f/2.8. Le zoom portrait compact qui ringardise les standards 24-70.

Tamron 35-150mm f/2-2.8 Di III VXD (image Henry Söderlund, Wikimedia Commons CC BY 2.0 — illustration de la gamme Di III VXD à laquelle appartient le nouveau 35-100mm f/2.8 testé ici).

Tamron 35-100mm f/2.8 Di III VXD : le zoom portrait compact qui change la donne

Site officiel : Tamron 35-100mm f/2.8 — Tamron Europe

Le Tamron 35-100mm f/2.8 Di III VXD (Model A078) est le seul vrai concept inédit de la cuvée 2026 du fabricant japonais. Annoncé le 19 février, livré le 26 mars, ce zoom à ouverture constante f/2.8 tient en 565 grammes — soit le poids d’un 28-75 G2 — pour une plage focale qui couvre 80 % des besoins en mariage, événementiel et portrait. Premières prises en main et tests internationaux dressent un bilan très positif sur le piqué et l’AF VXD, avec quelques réserves sur le bokeh et l’absence de stabilisation. À 899 € en monture Sony E, il s’impose comme une alternative crédible aux 24-70 f/2.8 premium hors de prix.

Une plage focale qui sort des sentiers battus

Tamron n’a pas fait un 24-70 de plus. La marque a osé partir à 35 mm pour aller jusqu’à 100 mm, un choix qui parle directement aux photographes hybrides Sony E et Nikon Z dont la pratique tourne autour du portrait, du mariage et du reportage. Le 35 mm couvre le contexte (groupes, ambiances, demi-pied) ; le 50 mm reste l’œil de l’œil humain ; le 85 mm est la focale reine du portrait serré ; et le 100 mm permet la coupe poitrine ou les détails comme les alliances et les bouquets.

Ce que cette plage perd en grand-angle — le 24-35 mm utile en architecture ou en paysage serré — elle le gagne en utilité réelle pour un photographe d’humains. La roadmap globale 2026 de Tamron est analysée dans notre décryptage de février ; ici on se concentre sur l’objet lui-même.

Concrètement, sur un mariage, le 35-100 mm couvre la préparation, la cérémonie, les portraits du couple et la majorité du cocktail. Il faut sortir un grand-angle uniquement pour les plans larges de salle ou les paysages de fond, et un télé uniquement pour les détails très lointains (drone, balcon d’église). Sur le terrain, ça change vraiment la routine.

Compacité : 565 grammes, ce n’est pas un détail

Voilà la vraie surprise. Pour une focale qui monte à 100 mm en f/2.8 constant, on s’attend à un caillou de 800 g minimum. Tamron livre 565 g en monture Sony E (un peu plus en Z), pour 119,2 mm de long et 80 mm de diamètre. Le filtre est en 67 mm, cohérent avec le reste de la gamme récente — donc compatible avec les ND, polarisants et porte-filtres déjà achetés pour un 28-75 G2 ou un 17-50 f/4.

Le poids mérite d’être comparé : le 28-75 mm f/2.8 G2 du même Tamron pèse 550 g. À 15 grammes près, on a la même optique au sac, mais avec 25 mm de focale en plus côté télé. Dit autrement : Tamron offre un 100 mm f/2.8 sans surcoût de poids par rapport à son 75 mm. C’est l’argument numéro un de cet objectif et c’est ce qui le rend désirable pour les photographes voyage et événement.

Côté construction, plusieurs testeurs (PetaPixel, DustinAbbott, Phototrend) confirment des joints d’étanchéité à la baïonnette et le long du fût, un revêtement fluoré sur la lentille frontale, et une bague de zoom et de mise au point au toucher dense. La finition reste plastique technique, pas du métal façon GM, mais on n’a pas l’impression d’un produit cheap.

Rendu optique : excellent dès f/2.8, sauf à 35 mm

Tous les tests s’accordent : le piqué est au rendez-vous dès la pleine ouverture, sur toute la plage focale, au centre comme sur les bords. C’est la conclusion partagée par PetaPixel, DustinAbbott, Photofocus et Fstoppers. À 50 et 85 mm en particulier, le rendu se rapproche d’un fixe en termes de microcontraste — ce qui justifie largement le surnom donné par Phoblographer (« a pocket of street photo primes »).

Quelques nuances toutefois. À 35 mm f/2.8, le vignettage est marqué : environ 2 IL aux coins, visible brut. C’est corrigeable en post via les profils Lightroom et Capture One (le profil officiel Tamron est livré dès la sortie), mais à connaître si vous travaillez beaucoup en JPEG boîtier. Toujours à 35 mm, la distorsion est présente, type barillet, là aussi entièrement corrigée par les profils mais visible brut.

Le bokeh divise un peu. Aux focales courtes et moyennes (35-70 mm), le fond fond proprement, sans nervosité. Au 100 mm en revanche, plusieurs testeurs (DustinAbbott, DPReview) décrivent un bokeh « texturé » plus que crémeux : sur des fonds chargés en hautes lumières (guirlandes, soleil filtré dans les feuillages), on voit apparaître de subtils anneaux dans les boules de bokeh. Pas de quoi disqualifier l’objectif pour le portrait, mais à savoir si vous cherchez le moelleux absolu d’un 85 mm f/1.4 fixe.

La distance minimale de mise au point mérite d’être signalée : 0,22 m à 35 mm (pour un rapport de grossissement maximum de 1:3,3, valeur officielle Tamron) et 0,65 m à 100 mm. Ce n’est pas un macro, mais le rapport 1:3,3 au grand-angle permet de faire de jolis gros plans sur des détails — alliances, bague, regard, texture — sans changer d’objectif.

AF VXD : silencieux, rapide, fiable

Le moteur VXD (Voice-coil eXtreme-torque Drive) est désormais la référence Tamron pour les objectifs de gamme moyenne et haute. Sur le 35-100, il fait son office sans surprise : verrouillage quasi instantané sur visage et œil avec un Sony α7 IV ou un Nikon Z6 III, suivi solide en rafale, transitions vidéo douces (focus breathing limité). PetaPixel et Photofocus saluent particulièrement le silence de fonctionnement, ce qui en fait un candidat sérieux pour la vidéo de mariage et l’événementiel discret.

Pas de stabilisation optique embarquée (pas de VC) : c’est l’IBIS du boîtier qui prend le relais. En pratique, sur un α7 IV ou un Z6 III, on tient sans problème le 1/15 s à 100 mm. Sur un boîtier sans IBIS — un α7C de première génération, par exemple — il faudra monter en vitesse ou en ISO, ce qui devient pénalisant en intérieur. Pour la grande majorité des hybrides récents, l’absence de VC n’est pas un manque grave.

Côté ergonomie, la bague de zoom est dimensionnée correctement, avec une course d’environ 70°. La bague de mise au point manuelle est en bypass électronique (focus by wire), comme pour la quasi-totalité des hybrides modernes. Pas de bague d’ouverture dédiée, pas de switch AF/MF physique — tout passe par le boîtier ou la touche personnalisable. Le fût ne s’allonge pas au zoom, ce qui est un vrai plus pour les filtres et l’utilisation en environnement humide.

Face à la concurrence : où il gagne, où il perd

Trois objectifs viennent immédiatement à l’esprit comme alternatives directes ou comparables :

  • Tamron 35-150mm f/2-2.8 Di III VXD : la version « luxe » de la même idée, mais avec une ouverture variable qui démarre à f/2 au grand-angle. Bien plus lourd (1 195 g) et plus cher (1 499 €). Si vous voulez le rendu f/2 à 35 mm pour des portraits environnementaux à très faible profondeur de champ, c’est lui. Sinon, le 35-100 est plus de moitié plus léger pour la même qualité globale.
  • Tamron 28-75mm f/2.8 G2 : le standard de la marque, 550 g, 850 €. Couvre 28 mm — utile pour le reportage et le voyage — mais s’arrête à 75 mm. Le choix entre les deux est un choix de pratique : reportage et photo générale → 28-75 ; portrait, mariage, événementiel → 35-100. Ils ne se remplacent pas, ils se complètent.
  • Sony 70-200mm f/4 G OSS II : 794 g, environ 1 700 €. Va plus loin en télé (200 mm vs 100 mm) mais perd un diaphragme (f/4 vs f/2.8). Le Tamron 35-100 prend l’avantage en ouverture, en compacité et en prix. Le Sony reste pertinent pour le sport, l’animalier ou le portrait très serré à grande distance.
  • Nikkor Z 70-180mm f/2.8 : 795 g, environ 1 250 €. Offre 80 mm de plus en télé pour le même f/2.8, mais commence à 70 mm — donc impossible de couvrir le contexte large. Choix entre télé et grand-angle, encore une fois.

Et bien sûr, face aux 24-70 f/2.8 premium (Sony GM II à 1 999 €, Nikon Z 24-70 f/2.8 S à 2 199 €), le Tamron 35-100 propose une alternative à 899 € : moins polyvalente côté grand-angle, mais avec 25 mm de focale en plus côté télé et un poids divisé par 1,5.

Pour qui cet objectif est-il vraiment fait ?

Quatre profils de photographes vont y trouver leur compte sans hésiter :

  • Mariage & événementiel : la plage focale couvre 80 % des situations, le poids permet de tenir une journée sans douleur, l’AF VXD ne lâche pas en lumière difficile. Combiné à un fixe 35 mm f/1.8 ou un 24 mm f/2.8 de complément, ça fait un kit redoutable.
  • Portrait studio et extérieur : le 85 et le 100 mm sont là, à f/2.8 constant, avec un piqué sans reproche. La compacité change le confort de séance, surtout sur un trépied ou un statif d’éclairage.
  • Voyage : poids, taille, plage focale utile, filtre 67 mm partagé avec les autres Tamron — tout concourt à en faire un objectif unique pour un sac léger. Combiné à un fixe grand-angle 24 ou 28 mm en complément, c’est un kit voyage très solide.
  • Vidéo hybride : AF silencieux, focus breathing limité, pas d’allongement du fût au zoom. Pour un créateur YouTube ou un vidéaste de mariage, c’est un candidat sérieux.

À l’inverse, ce n’est pas l’objectif des photographes paysage (le 24-35 mm manque), des animaliers (le 100 mm est trop court), ni de ceux qui veulent absolument le rendu f/1.4 d’un fixe à 85 mm. Pour ces usages, mieux vaut s’orienter vers du fixe ou vers un 70-200 f/2.8.

Si vous débutez et que ces choix vous semblent abstraits, faites un détour par notre guide comment bien débuter la photographie et notre cours sur le triangle de l’exposition — comprendre quelle focale fait quoi est la première étape avant d’investir dans un caillou à 900 €.

FAQ : les questions qu’on nous pose déjà

Le Tamron 35-100mm f/2.8 vaut-il la peine face au 28-75 G2 ?

Ce n’est pas un duel : ce sont deux objectifs complémentaires. Le 28-75 G2 vise le reportage, le voyage et la photo généraliste, là où le 35-100 vise le portrait, le mariage et l’événementiel. Si vous photographiez surtout des humains, le 35-100 est plus pertinent. Si vous photographiez des scènes ou des paysages serrés, le 28-75 garde l’avantage avec ses 28 mm de grand-angle.

L’absence de stabilisation optique est-elle un vrai problème ?

Pas sur les boîtiers récents. Sony α7 IV, α7 V, α7C II, Nikon Z6 III, Z8, Z9 : tous ont un IBIS efficace qui compense largement. Sur un α7C de première génération ou un Z5 d’origine, l’absence de VC se ressent en intérieur sombre, où il faut monter en ISO. Pour la grande majorité des hybrides actuels, c’est un non-sujet.

Quel est le piqué à pleine ouverture, vraiment ?

Excellent à 50, 70 et 85 mm dès f/2.8, du centre aux bords. Très bon à 100 mm avec une légère perte sur les coins extrêmes. À 35 mm, le piqué central est très bon mais les bords gagnent à fermer à f/4. Globalement, c’est une optique qui tient ses promesses en pleine ouverture, ce qui était l’objectif annoncé par Tamron.

Le bokeh est-il « crémeux » comme un fixe ?

Aux focales courtes et moyennes, oui. Au 100 mm, le bokeh peut devenir texturé sur les fonds très chargés en hautes lumières (feuillages avec soleil, guirlandes). Sur un fond uni ou faiblement éclairé, c’est très propre. Si vous cherchez le rendu d’un 85 mm f/1.4 fixe, ce n’est pas la même catégorie ; pour 95 % des cas portraits, c’est largement suffisant.

Sur quels boîtiers le 35-100mm f/2.8 est-il disponible ?

Monture Sony E (référence A078S) et Nikon Z (référence A078Z). Pas de Canon RF ni de L-Mount à ce jour. Les deux versions sont strictement identiques sur le plan optique, seule la baïonnette et un léger surpoids différencient la version Z (environ 30 g de plus).

Combien coûte-t-il et où l’acheter ?

Prix officiel : 899 $ en Sony E, 929 $ en Nikon Z. Sur le marché français, comptez entre 899 € et 949 € selon le revendeur et la période. Disponible chez les grands réseaux photo (Digit-Photo, Camara, Miss Numérique, Fnac/Darty) depuis le 26 mars 2026.

Verdict : un caillou qui mérite l’attention

Le Tamron 35-100mm f/2.8 Di III VXD n’est pas un objectif révolutionnaire, mais il est intelligent. En osant une plage focale atypique, Tamron évite la guerre frontale avec les 24-70 premium et propose un outil ciblé pour les photographes d’humains. Le poids contenu, le piqué solide, l’AF rapide et le tarif raisonnable en font une recommandation très facile pour les hybrides Sony E et Nikon Z qui font du mariage, du portrait ou de l’événementiel. Les défauts existent — vignettage à 35 mm, bokeh parfois texturé à 100 mm, pas de stabilisation — mais aucun n’est rédhibitoire. À 899 €, c’est probablement le meilleur rapport qualité/prix de la cuvée Tamron 2026.

Sources : PetaPixel · DustinAbbott · Phototrend · Photofocus · Fstoppers · The Phoblographer · DPReview

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