Les techniques avancées

Astrophotographie : le guide complet pour réussir ses photos

Découvrez le cosmos à travers l'objectif de votre appareil photo avec notre guide complet sur l'astrophotographie. Nous vous dévoilons toutes les techniques et équipements essentiels pour capturer la majesté de l'univers. De la photographie des étoiles aux astres lointains, notre guide vous offre une immersion totale dans cet art fascinant. Préparez-vous à des voyages stellaires inoubliables !

Ciel étoilé profond avec nébuleuses bleuâtres dispersées
Light

Les meilleurs appareils photo pour tous les styles et tous les budgets

Vous cherchez votre futur appareil photo ? Le plus difficile est de choisir le meilleur appareil photo pour vous, mais heureusement, nous pouvons vous aider. Sur la base de nombreux tests terrain, nous avons créé une liste des meilleurs appareils photo actuellement disponibles.

L’essentiel. L’astrophotographie est devenue accessible en 2025 : un hybride plein format d’entrée de gamme, un objectif 14-24 mm f/2.8 ou 20 mm f/1.8, un trépied solide et une appli de planification (PhotoPills, Stellarium, Light Pollution Map) suffisent à photographier la Voie lactée. Les réglages de départ : f/2.8, 20 s, ISO 3200, mise au point manuelle sur une étoile vive. Pour aller plus loin, un tracker (SkyWatcher Star Adventurer, iOptron SkyGuider Pro) permet des poses de 90 s sur ciel profond sans filé d’étoiles. Le post-traitement (réduction du bruit IA, empilement avec Sequator ou Starry Landscape Stacker) fait passer l’image d’honnête à spectaculaire.

Au programme9 sections
  1. Les 4 familles d’astrophotographie
  2. Voie lactée : quand et où la voir
  3. Les applications indispensables de planification
  4. L’équipement pour l’astrophotographie
  5. Régler son appareil pour l’astrophotographie
  6. Exemples de réglages selon le scénario
  7. Post-traitement : l’étape qui change tout
  8. Cibles recommandées pour débuter
  9. 10 erreurs classiques à éviter
Paysage nocturne avec la Voie lactée photographié au grand-angle.

Les 4 familles d’astrophotographie

Avant d’acheter du matériel, clarifiez le style que vous voulez pratiquer — l’équipement n’est pas le même.

1. Astrophoto de paysage (grand-angle)

Voie lactée au-dessus d'un paysage, astrophotographie au grand-angle.

Voie lactée au-dessus d’un relief, filé d’étoiles autour de la Polaire, paysage nocturne éclairé à la lune. La plus accessible techniquement : un grand-angle f/2.8, un trépied, un boîtier correct en haut ISO, c’est tout. Pas besoin de tracker. C’est le point de départ recommandé pour 95 % des débutants.

2. Ciel profond (télescope ou téléobjectif)

Galaxie photographiée au télescope, astrophotographie de ciel profond.

Nébuleuses, galaxies, amas stellaires. Nécessite une monture équatoriale motorisée (tracker), un téléobjectif f/2 à f/2.8 ou un petit télescope, et un empilement de plusieurs dizaines d’expositions. Le niveau le plus technique, mais celui qui donne les images spectaculaires qu’on voit en ligne.

3. Système solaire (lune, soleil, planètes)

Lune photographiée au téléobjectif, astrophotographie du système solaire.

Lune au téléobjectif, soleil avec filtre solaire (ND100000 ou filtre dédié), Jupiter/Saturne avec caméra planétaire et télescope 150 mm minimum. Techniques et matériels spécifiques, très différents du reste de l’astrophotographie.

4. Time-lapse et vidéo nocturne

Une série d’expositions sur plusieurs heures, assemblées en vidéo. Montre la rotation de la Voie lactée, le mouvement des étoiles, le passage de la Lune. Demande un intervallomètre (intégré sur la plupart des boîtiers modernes) et de la patience.

Voie lactée : quand et où la voir

Le noyau galactique, pas toute la galaxie

Quand on dit « voir la Voie lactée », on parle du noyau galactique, cette bande dense et colorée située au centre de notre galaxie. Techniquement, toutes les étoiles que vous voyez la nuit font partie de la Voie lactée — mais seul le noyau produit les images spectaculaires avec nébuleuses colorées.

Les meilleures périodes

  • Saison galactique en hémisphère nord : de mars à octobre. Le cœur de la Voie lactée est visible, mais à des horaires différents selon le mois.
    • Mars-avril : noyau visible en fin de nuit (3 h-5 h).
    • Mai-juillet : saison idéale, noyau visible milieu de nuit (22 h-3 h), bien haut dans le ciel.
    • Août-septembre : noyau visible en début de soirée (21 h-minuit), plus bas sur l’horizon.
    • Octobre : derniers jours, noyau très bas, couchant rapidement après le crépuscule.
  • Hors saison (novembre-février) : le noyau n’est pas visible en hémisphère nord. C’est la période idéale pour le ciel profond (Orion, Andromède, Pléiades) et le filé d’étoiles autour de la Polaire.

La Lune : l’ennemie numéro un

Une nuit de pleine lune (14 jours sur 28) rend la Voie lactée quasi invisible. Planifiez vos sorties autour de la nouvelle lune (± 5 jours) pour des cieux vraiment sombres. C’est la donnée qui conditionne le plus un résultat réussi, avant même la météo.

La pollution lumineuse

Utilisez Light Pollution Map (lightpollutionmap.info) ou l’appli Dark Sky pour trouver des zones de Bortle 1 à 3 (Bortle = échelle de pollution lumineuse de 1 = parfait à 9 = centre-ville). En France métropolitaine, on trouve des ciels Bortle 2-3 dans les parcs nationaux (Cévennes, Pyrénées, Mercantour) et dans les réserves internationales de ciel étoilé (Pic du Midi, Cévennes, Millevaches).

Les applications indispensables de planification

Les quatre outils qui sauvent une sortie astrophoto.

  • PhotoPills (iOS/Android, 11 €). L’outil ultime : calcule la position de la Voie lactée à une date et un lieu donnés, simule en AR le cadrage, donne les heures de lever/coucher du soleil, de la lune, les éphémérides astronomiques. Investissement rentabilisé dès la première sortie.
  • Stellarium (gratuit, desktop et mobile). Un planétarium virtuel. Cherchez une constellation, naviguez dans le ciel, identifiez les étoiles, repérez les objets Messier (M31, M42, M45…).
  • Light Pollution Map (gratuit, web). Carte interactive mondiale de la pollution lumineuse. Utilisez l’overlay Bortle pour trouver les ciels les plus sombres près de chez vous.
  • Clear Outside ou Meteoblue Astro (gratuits). Prévisions météo spécialisées astronomie : couverture nuageuse, seeing (turbulence atmosphérique), transparence, humidité. Un ciel dégagé ne suffit pas — le seeing et la transparence comptent autant.

The Photographer’s Ephemeris (TPE), mentionné dans l’article initial, a été partiellement abandonné sur Android mais reste disponible sur iOS et desktop. PhotoPills l’a largement remplacé pour le paysage nocturne.

L’équipement pour l’astrophotographie

Le boîtier : ce qui compte vraiment

Pas de recette miracle. Le boîtier le plus important, c’est celui que vous avez déjà. Presque tous les hybrides/reflex sortis depuis 2018 sont capables de très bonnes images astro. Ce qui compte, par ordre d’importance :

  1. Plage dynamique à haut ISO : pouvoir monter à ISO 6400 voire 12 800 sans destruction de l’image.
  2. Capteur plein format > APS-C > M4/3 : à pixels équivalents, le plein format collecte plus de lumière et donne moins de bruit.
  3. Mode silencieux / obturateur électronique : évite les micro-vibrations à la prise.
  4. Mode Bulb et intervallomètre : pour les poses longues et les time-lapses.

Les références actuelles (2024-2025) en astrophoto paysage :

  • Sony A7 IV (plein format, 33 Mpx, excellent haut ISO) — ~2 500 €.
  • Sony A7S III (plein format, 12 Mpx, champion absolu de la sensibilité) — ~3 800 €.
  • Nikon Z6 III (plein format, 24 Mpx) — ~2 800 €.
  • Canon R6 Mark II (plein format, 24 Mpx, excellent pour la vidéo nocturne) — ~2 700 €.
  • Sony A6700 ou Fuji X-T5 (APS-C) pour les budgets plus serrés.

Les boîtiers astro-modifiés (Nikon D810A historique, Canon Ra, ou astro-mods Kolari/DigitalSpec) ont leur capteur modifié pour capturer davantage de rouge H-alpha, utile pour les nébuleuses. Inadapté à la photo de jour. Réservé aux passionnés de ciel profond qui auront un second boîtier.

L’objectif : le vrai levier

C’est ici que se joue 70 % de la qualité finale. Deux critères : grande ouverture (f/2.8 minimum, f/1.8 à f/1.4 idéal) et netteté dans les coins à grande ouverture.

Pour le paysage astro (14-35 mm) :

  • Sigma 14-24 mm f/2.8 DG DN Art (~1 400 €) — référence absolue du zoom astro, net dans les coins dès f/2.8.
  • Sony FE 14 mm f/1.8 GM (~1 500 €) — ultra-large avec 1.8 d’ouverture, bijou astrophoto.
  • Nikon Z 14-24 mm f/2.8 S (~2 300 €).
  • Viltrox AF 16 mm f/1.8 (~600 €, monture Sony FE et Nikon Z) — excellent rapport qualité-prix.
  • Samyang 14 mm f/2.8 MF (~280 €) — choix économique historique, qualité correcte.
  • Tamron 20 mm f/2.8 Di III OSD M1:2 (~350 €).

Pour le ciel profond (téléobjectifs) :

  • Sigma 105 mm f/1.4 DG HSM Art (~1 500 €) — « Bokeh Master », hors norme pour l’astrophoto.
  • Samyang 135 mm f/2 ED UMC (~400 €) — culte chez les photographes de ciel profond.
  • Canon RF 135 mm f/1.8 L IS USM (~2 300 €).
  • Sony FE 200-600 mm (~2 000 €) — lune et petit ciel profond.

Le trépied

Pas d’économies ici. Un trépied instable ruine toute exposition longue.

  • Entrée de gamme solide : Manfrotto 055 (alu, ~280 €) ou Benro Mach3 (~350 €).
  • Pro carbone : Gitzo Mountaineer série 2 (~700 €), Leofoto LS-324C (~500 €) — excellent rapport qualité-prix venu de Chine.
  • Rotule ball head : Arca-Swiss Z1 (~450 €) ou Leofoto LH-40 (~150 €). Testez la tenue avec votre matériel avant d’acheter.

Pour les astrophotos de paysage avec un boîtier + 14-24 f/2.8 (2-3 kg sur le trépied), ne descendez pas sous un trépied de 1,8 kg environ.

Le tracker (monture équatoriale motorisée)

Tracker d'astrophotographie monté sur trépied

Pour dépasser la règle des 500 et faire du ciel profond sans filé d’étoiles, on compense la rotation de la Terre avec un tracker.

  • SkyWatcher Star Adventurer GTi (~600 €) — la référence en 2025, compacte, supporte 5 kg, Goto Wi-Fi.
  • iOptron SkyGuider Pro (~500 €) — alternative précise, plus légère.
  • Fornax LighTrack II (~800 €) — haute précision, sans Goto mais tracking parfait.
  • Benro Polaris (~800 €) — solution électronique moderne, plus accessible mais moins précise que les trackers classiques.

Un tracker permet des expositions de 60 à 300 s (selon qualité de l’alignement polaire) avec des objectifs jusqu’à 400 mm.

Accessoires qui changent tout

  • Télécommande filaire ou intervallomètre (~25 €) pour ne pas toucher l’appareil pendant la pose.
  • Lampe frontale à LED rouge (~15 €) pour ne pas casser votre vision nocturne.
  • Batteries de rechange : à -5°C, l’autonomie chute de 40-60 %. Prévoyez au moins 3 batteries.
  • Chauffe-objectif anti-buée (~30 €) : en automne et au bord de l’eau, la rosée condense sur la lentille frontale en 20 minutes.
  • Filtre anti-pollution lumineuse : NiSi Natural Night, Kase Neutral Night (~100-150 €). Utile en périphérie urbaine (Bortle 5-7), inutile sous Bortle 1-2.

Régler son appareil pour l’astrophotographie

La mise au point : étape critique

L’autofocus ne fonctionne pas sur les étoiles (contraste insuffisant). On bascule en manuel. Protocole :

  1. Live view activé, zoom numérique × 10 sur une étoile vive (Véga, Altair, Arcturus, Sirius).
  2. Tournez lentement la bague de mise au point jusqu’à obtenir l’étoile la plus petite et nette possible.
  3. Vérifiez les coins de l’image : des étoiles nettes au centre mais floues aux bords trahissent une courbure de champ (défaut de l’objectif) ou une mise au point imprécise.
  4. Scotchez la bague ou mémorisez la position exacte. Une mise au point qui bouge, c’est une série de photos ratée.

Ne vous fiez jamais au repère « ∞ » de l’objectif : il est rarement calibré précisément et varie avec la température.

L’ouverture : toujours ouverte au maximum

Sur ciel étoilé (sujet à l’infini), la profondeur de champ n’existe pas comme problème : tout ce qui est « loin » (1 m à l’infini) sera net. On ouvre donc au maximum possible de l’objectif : f/1.4, f/1.8, f/2, ou f/2.8.

Exception : si vous incluez un avant-plan proche (rocher, arbre, personne à 3-5 m), fermez à f/2.8-f/4 pour avoir l’avant-plan et les étoiles dans la PdC. Au-delà de 5 m, ré-ouvrez.

Certains objectifs présentent des défauts à pleine ouverture (aberration chromatique, coma dans les coins). Vérifier sur votre exemplaire : si les étoiles des coins font des « ailes de mouette » à f/1.4, fermez à f/2. Une astrophoto avec coma dans les coins est moins belle qu’une photo un peu plus bruitée mais avec étoiles propres.

La vitesse : règle des 500 vs règle NPF

La règle des 500 donne le temps d’exposition maximal avant que les étoiles ne bavent : temps max (s) = 500 / focale équivalente.

Exemples :

Focale (équivalent 24×36)Règle 500Règle NPF (ouverture f/2.8, 24 Mpx plein format)
14 mm35 s18 s
20 mm25 s13 s
24 mm20 s11 s
35 mm14 s7 s
50 mm10 s5 s

La règle NPF (développée par PhotoPills) est plus précise et prend en compte la densité de pixels et l’ouverture. Elle est appliquée automatiquement par l’appli PhotoPills. Elle donne toujours des temps plus courts que la règle des 500, ce qui se traduit par des étoiles vraiment ponctuelles sur grand écran ou grand tirage — au prix d’une montée d’ISO ou d’un passage au tracker.

En pratique : si vous agrandissez modestement (Instagram, tirage A3), la règle des 500 suffit. Pour un tirage A1 ou un écran 4K, passez à la règle NPF ou utilisez un tracker.

Sur un capteur APS-C (coefficient 1.5 ou 1.6) ou M4/3 (coefficient 2), divisez encore par le coefficient :

  • 14 mm sur Canon APS-C (× 1.6) : règle 500 = 500 / (14 × 1.6) = 22 s.
  • 14 mm sur M4/3 (× 2) : règle 500 = 500 / 28 = 18 s.

L’ISO : trouver le point d’équilibre

Plus l’ISO est élevé, plus l’image est claire… et bruitée. Chaque boîtier a un « ISO invariant » à partir duquel monter l’ISO ne dégrade plus la plage dynamique utile. Pour les boîtiers plein format modernes (Sony A7 IV, Nikon Z6 III, Canon R6 II), cet ISO se situe entre ISO 1600 et ISO 3200.

Règle simple : commencez à ISO 3200 en plein format moderne, ISO 1600 sur APS-C récent. Ajustez ensuite selon le rendu.

Ne craignez pas de monter à ISO 6400 voire 12 800 : le bruit numérique 2024-2025 se nettoie très bien en post-production avec Lightroom Denoise AI, DxO PureRAW ou Topaz DeNoise AI (voir notre section post-traitement).

Pour approfondir : notre guide sur la sensibilité ISO, la vitesse d’obturation, l’ouverture et la pose longue.

Exemples de réglages selon le scénario

Trois configurations pour couvrir la majorité des cas.

ScénarioFocaleOuvertureVitesseISONotes
Voie lactée pur (pas d’avant-plan)14-24 mmf/2.820-25 s3200-6400Règle NPF
Voie lactée + avant-plan14-24 mmf/2.8 à f/420-25 s3200-6400Possible technique double exposition
Filé d’étoiles autour de la Polaire14-24 mmf/4 à f/5.620-30 s × 200 poses800-1600Empilement avec StarStax
Ciel profond avec tracker (M31, M42)85-200 mmf/2 à f/2.860-120 s × 30-50 poses1600-3200Empilement avec DeepSkyStacker
Lune au téléobjectif400-600 mm + TCf/8 à f/111/125 à 1/500 s100-400Trépied obligatoire

Post-traitement : l’étape qui change tout

Toujours photographier en RAW. Le JPEG sort sous-exposé et presque impossible à rattraper pour de l’astrophoto — voir JPEG vs RAW : lequel choisir ?

Workflow de base (Lightroom ou équivalent)

  1. Balance des blancs : souvent entre 3500 K (ciel bleuté) et 4500 K (plus neutre). À ajuster selon le goût.
  2. Noirs : laissez-les être noirs. Ne poussez pas les tons sombres — un ciel nocturne doit rester sombre.
  3. Exposition : remontez légèrement (+0,3 à +0,8 EV) selon l’image.
  4. Contraste : +20 à +40 pour faire ressortir la Voie lactée.
  5. Clarté : +30 à +50 sur le ciel (pinceau local), pas sur l’avant-plan.
  6. Déhaze : +20 à +40 est magique pour révéler les détails de la Voie lactée.
  7. Saturation : modéré, surtout sur les tons bleus et orangés.
  8. Réduction du bruit IA : Lightroom Denoise, DxO PureRAW 4 ou Topaz DeNoise. Révolutionnaire depuis 2022.

Pour les alternatives à Lightroom, voir notre test complet de Luminar Neo.

Empilement (stacking) pour aller plus loin

Prendre plusieurs expositions identiques et les empiler réduit le bruit d’un facteur racine carrée du nombre d’images. 9 images empilées = 3 fois moins de bruit. 25 images = 5 fois moins.

  • Sequator (gratuit, Windows) — empilement simple pour astrophoto paysage.
  • Starry Landscape Stacker (~35 €, macOS) — équivalent Mac, excellent.
  • DeepSkyStacker (gratuit, Windows) — référence pour le ciel profond.
  • PixInsight (~250 €, tous OS) — pro du ciel profond, courbe d’apprentissage raide.
  • StarStax (gratuit, tous OS) — spécialisé filés d’étoiles.

Un empilement de 10-20 poses de 20 s à ISO 3200 donne un résultat qui bat largement une seule pose longue. Le surcoût en temps (10 minutes de prise, 10 minutes de traitement) est vite rentabilisé.

Cibles recommandées pour débuter

En grand-angle (sans tracker)

  • Voie lactée (été), surtout la région du Sagittaire et du Scorpion.
  • Filé d’étoiles autour de la Polaire (toute l’année).
  • Nuits des Perséides (12-13 août) ou Géminides (13-14 décembre) pour capter des étoiles filantes.
  • Conjonctions planétaires (Vénus/Jupiter/Mars proches), événements à planifier via Stellarium.

Au téléobjectif avec tracker

  • M31 (galaxie d’Andromède) — la plus facile, visible d’août à février.
  • M42 (nébuleuse d’Orion) — spectaculaire en couleurs, de novembre à mars.
  • Double amas de Persée (NGC 869/884) — d’août à février.
  • M45 (Pléiades) — d’octobre à mars.
  • IC 1805 (nébuleuse du Cœur) et NGC 7000 (nébuleuse d’Amérique du Nord) — réservés aux boîtiers astro-modifiés.

En lune et planétaire

  • Pleine lune au téléobjectif 400-600 mm : simple, spectaculaire.
  • Lune montante sur relief ou monument : planification précise avec PhotoPills.
  • Jupiter et ses lunes avec un télescope 150 mm et une caméra planétaire.

Pour prolonger, voir nos 4 conseils pratiques pour l’astrophotographie.

10 erreurs classiques à éviter

  1. Partir sans planifier la lune. Une pleine lune gâche une nuit de Voie lactée. Vérifiez dans PhotoPills la phase lunaire avant de réserver votre nuit.
  2. Se fier au repère infini. La mise au point infinie « décalée » est la première cause d’astrophotos ratées.
  3. Ouvrir à f/1.4 avec un objectif médiocre. Si votre objectif donne des étoiles déformées (coma) dans les coins à pleine ouverture, fermez d’un cran.
  4. Monter trop l’ISO par peur du bruit. Les boîtiers modernes sont invariants au-delà d’ISO 3200. Montez sans crainte, nettoyez en post.
  5. Trépied trop léger / mal posé. Rallongez les pattes par ordre : diamètre le plus gros en premier. Ne jamais sortir la colonne centrale sauf nécessité absolue.
  6. Oublier la rosée. Sans chauffe-objectif, toutes vos images après la 3e heure seront floues. Ou partez avec des chaufferettes chimiques collées à l’objectif.
  7. Photographier JPEG. Le RAW est non négociable en astrophoto.
  8. Sous-estimer le temps sur site. Une vraie sortie astrophoto dure 4-6 h. Prévoyez à manger, à boire, des vêtements chauds (même en été, l’hygrométrie et le rayonnement nocturne font frissonner).
  9. Éclairer avec une lampe blanche. La lampe frontale doit être rouge. Votre vision nocturne met 20 minutes à revenir après un flash blanc.
  10. Négliger la sécurité. Terrains reculés, nuit noire, froid : prévenez quelqu’un de votre sortie, emportez une trousse de secours, vérifiez la météo.

FAQ

Peut-on faire de l’astrophotographie avec un smartphone ?

Oui, depuis 2020. Les iPhone 15/16 Pro, Google Pixel 9 Pro et Samsung Galaxy S24 Ultra ont un mode astro qui fait automatiquement une pose de 30 secondes à 5 minutes, empile, débruite. Les résultats sont étonnants pour la Voie lactée et la Lune. Limites : pas de RAW sur certains modèles, pas de téléobjectif pour le ciel profond, pas de contrôle fin. C’est un excellent point d’entrée, mais un hybride + 14 mm f/2.8 restera supérieur.

Plein format ou APS-C pour débuter en astrophoto ?

Le plein format est supérieur en haut ISO et en qualité finale, mais un boîtier APS-C récent (Sony A6700, Fuji X-T5) à ISO 3200 avec un bon objectif (Sigma 16 mm f/1.4, Viltrox 13 mm f/1.4) donne 80 % du résultat d’un plein format pour la moitié du prix. Ne changez pas de format pour faire de l’astro si votre boîtier actuel marche bien.

Faut-il absolument un tracker pour débuter ?

Non. La majorité des astrophotos de paysage grand-public se font sans tracker. Un tracker devient utile pour le ciel profond (galaxies, nébuleuses au téléobjectif) ou pour des tirages grand format où chaque étoile doit être ponctuelle. Commencez sans, vous saurez si vous en avez besoin.

Comment gérer la rosée sur l’objectif ?

Trois options : (1) chauffe-objectif électrique à batterie USB (20-30 €), la solution fiable ; (2) chaufferettes chimiques scotchées autour du barillet, bon pour une nuit d’appoint ; (3) pare-soleil long, qui retarde mais n’élimine pas la rosée. Sans protection, à partir du milieu de nuit par nuit claire, la rosée tombe.

Qu’est-ce que le Bortle et quelle est la valeur idéale ?

Le Bortle est une échelle de 1 à 9 qui note la qualité du ciel nocturne en fonction de la pollution lumineuse. Bortle 1 = ciel parfait, visible que dans les déserts reculés. Bortle 2 = excellent, parcs nationaux. Bortle 3 = rural. Bortle 4-5 = périurbain. Bortle 6-9 = ville. Pour la Voie lactée, visez Bortle 1 à 3. La Voie lactée est à peine perceptible en Bortle 4 et invisible en Bortle 5 ou plus.

Combien de temps pour apprendre l’astrophotographie ?

Pour obtenir une photo correcte de Voie lactée : 1-2 sorties bien préparées. Pour maîtriser le post-traitement et obtenir des images publiables : 3-6 mois de pratique régulière. Pour le ciel profond avec tracker et empilement : 6-12 mois. La limite n’est jamais technique, c’est la disponibilité (nuit sans lune + ciel dégagé + accès à un ciel sombre + énergie).

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