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Expositions photo Paris été 2026 : Camille Vivier à la MEP, Madeleine de Sinéty au Jeu de Paume

Trois grandes rétrospectives à voir à Paris cet été : Camille Vivier à la MEP, Madeleine de Sinéty au Jeu de Paume, et Fragile Beauté qui continue dans la collection Elton John.

Camille Vivier à la MEP — première rétrospective de la photographe française à la Maison Européenne de la Photographie

L’essentiel : la Saison de printemps de la MEP rassemble deux expositions complémentaires du 10 juin au 13 septembre 2026, dans le cadre du Bicentenaire de la photographie : la première rétrospective consacrée à Camille Vivier (commissaire Victoria Aresheva, une centaine d’œuvres dont les séries Sophie, H.R. Giger, 20 Maresfield Garden) et La photographie en toutes lettres, exposition collective réunissant 35 artistes issu·es de la Collection d’entreprise Neuflize OBC et des collections de la MEP (Cahun, Goldin, Mapplethorpe, Sidibé, Sophie Calle, Martin Parr…) sous le commissariat de Clothilde Morette. En parallèle, le Jeu de Paume Paris présente du 12 juin au 27 septembre la première rétrospective Madeleine de Sinéty — « Une vie » —, exposition itinérante après une première présentation au Jeu de Paume — Tours (5 décembre 2025 → 17 mai 2026). À ces trois propositions s’ajoute Fragile Beauté qui reste à l’affiche au Jeu de Paume jusqu’au 27 septembre.

Camille Vivier à la MEP : la première rétrospective d’une figure de la photo contemporaine

La Maison Européenne de la Photographie (5/7 rue de Fourcy, 75004) présente du 10 juin au 13 septembre 2026 la première rétrospective consacrée à Camille Vivier (née en 1977 en France). Le commissariat est confié à Victoria Aresheva, avec Elisa Monteillet à la production.

L’exposition se déploie au niveau N+3 de la MEP, à travers un parcours thématique réunissant une dizaine de séries et près d’une centaine d’œuvres : tirages gélatino-argentiques et numériques, Polaroïds, plus des œuvres conçues spécialement pour l’exposition. Le DP officiel décrit la démarche comme un travail « centré sur le corps et la nature morte, qui dialogue avec des commandes réalisées pour de grands magazines ».

Le parcours suit dix séries clés :

  • Twist (Art Paper Editions, 2019) — sélection de photographies depuis 2002, dont les séries Horses (2002, écurie de corrida en Andalousie) et Monument (2002-2022, bougies anthropomorphes issues de rituels afro-brésiliens).
  • H.R. Giger (2021-2022) — série réalisée à Zurich dans la maison-atelier du créateur du Xénomorphe et des décors d’Alien, le huitième passager (1979). Modèles féminins dans un univers biomécanique.
  • Sophie (2015-2021) — première série bodybuilding de Vivier, six ans de portraits de la culturiste Sophie, inspirée par les portraits de Lisa Lyon par Robert Mapplethorpe.
  • 20 Maresfield Garden (2023) — la culturiste anglaise Deborah pose dans le Freud Museum London, dernière demeure de Sigmund Freud après sa fuite de Vienne en 1938. L’image Deborah standing in Freud’s cabinet sert d’affiche de l’exposition.
  • Teatro Colla (2014) — marionnettes conçues dans les années 1930 par Luigi Veronesi (abstraction italienne), photographiées hors scène à Milan.
  • Tjiki (2023) — portrait noir et blanc de la bodybuildeuse Khoudièdji Sidibé (dite Tjiki), commande pour le magazine italien Alla Carta.
  • Chessy (2017) — jardin de sculptures de Jacques Servières dans le territoire de la Dhuys.
  • Visages / Sculptures (2025) — série expérimentale combinant photo de sculpture et portrait.

Biographie précise selon le DP officiel : Camille Vivier vit et travaille à Paris. Après des études à l’École supérieure d’art de Grenoble puis à la Saint Martins School à Londres, elle débute comme assistante pour Purple Magazine à la fin des années 1990. Son travail éditorial paraît dans I-D, Dazed & Confused, Another Magazine et The New Yorker. Elle réalise des commandes pour Stella McCartney, Martin Margiela, Cartier, Eres, Kenzo, Dior et Hermès. Son œuvre a fait l’objet de publications monographiques et d’expositions personnelles au Frac MÉCA (Bordeaux), à la Fondation d’entreprise Ricard (Paris) et au Deichtorhallen (Hambourg).

La photographie en toutes lettres : 35 artistes pour le Bicentenaire

En parallèle, la MEP présente aux niveaux supérieurs (N+2) « La photographie en toutes lettres », exposition collective inscrite au programme officiel du Bicentenaire de la photographie (2026-2027). Commissariat : Clothilde Morette en collaboration avec Caroline Stein (responsable mécénat pour la Collection d’entreprise Neuflize OBC).

L’exposition réunit 35 artistes issu·es de la Collection Neuflize OBC et des collections de la MEP, dans une scénographie pensée comme un abécédaire. Chaque lettre devient une entrée thématique : A comme Adolescence (Rineke Dijkstra, Claudine Doury, Yohanne Lamoulère), B comme Bourgogne (Ralph Gibson), C comme Conte (Pierre Joseph), D comme Dos / E comme Envers / F comme Face (J.D. ‘Okhai Ojeikere, Pieter Hugo, Robert Mapplethorpe, Bettina Rheims, Alexandra Catiere, Patrick Tosani), G comme Géographie / H comme Histoire / I comme Illusion (Nicolas Floc’h, Sophie Calle, Agnès Geoffray, Elina Brotherus, Ilanit Illouz), J / K / L / M / N / O / Q (Claude Cahun, Florence Henri, Candida Höfer, Frank Horvat, Martin Parr, Bernard Plossu, Malick Sidibé, Yasumasa Morimura)…

L’image en couverture du dossier de presse est Autoportrait avec miroir de Claude Cahun, c. 1928 (Collection d’entreprise Neuflize OBC, © Jersey Heritage Trust). L’expo s’inspire de l’idée fondatrice de John Berger dans Ways of Seeing (1972) : « le voir précède le mot ».

La Saison de printemps comprend aussi deux propositions au MEP Studio (Winnie Mo Rielly puis Martine Dawson) et une rétrospective inédite de l’œuvre filmée de William Klein présentée dans l’auditorium à l’occasion du centenaire de sa naissance — mêmes dates 10 juin → 13 septembre, sous la direction de Julie Jones (directrice de la MEP).

Madeleine de Sinéty au Jeu de Paume Paris : « Une vie »

Le Jeu de Paume — Paris (1 place de la Concorde, 75001) présente du 12 juin au 27 septembre 2026 la première rétrospective consacrée à Madeleine de Sinéty (1934-2011), sous le titre « Une vie ». L’exposition a d’abord été présentée au Jeu de Paume — Tours (Château de Tours) du 5 décembre 2025 au 17 mai 2026, avant son itinéraire parisien. Commissariat : Jérôme Sother et Quentin Bajac.

L’œuvre, peu montrée de son vivant, n’a connu que deux expositions partielles (toujours en N&B) avant cette rétrospective : à la Bibliothèque nationale de France en 1996, et au Portland Museum of Art (Maine, USA) en 2011.

Biographie selon le livret documentaire officiel : Madeleine de Sinéty est née en 1934, fille d’aristocrates désargentés, et grandit dans un château du Val de Loire détruit par un incendie quand elle a quatorze ans. Elle étudie à l’École des arts décoratifs de Paris et commence sa carrière au milieu des années 1960 comme dessinatrice de mode pour des magazines parisiens. En 1970, elle se met à la photo en autodidacte (couleur et N&B) dans son quartier autour de la gare Montparnasse, alors en pleine mutation. Elle voyage à New York avec son mari, Daniel Behrman, journaliste américain rencontré à Paris.

1971-1972 : le tournant Poilley. Après un séjour à Lanloup (Bretagne), Madeleine de Sinéty fait étape à Poilley en Ille-et-Vilaine (à 60 km au nord de Rennes), village de 500 habitants. Elle y reconnaît la ferme de son enfance et décide de s’y installer. Elle y vit de 1972 à 1980 (huit ans), aidant aux travaux des champs et de la ferme, son appareil photo autour du cou « tous les jours et en toutes saisons ». Le corpus Poilley représente 33 280 diapositives couleur et 23 076 négatifs noir et blanc. Elle documente la mécanisation de l’agriculture, le remembrement des parcelles, le passage des paysans aux exploitants agricoles, mais aussi les fêtes, mariages, la mort du cochon, les récoltes.

Madeleine de Sinéty passe ensuite les vingt-cinq dernières années de sa vie à Rangeley dans le Maine, États-Unis, où elle continue de photographier ses voisins selon la même méthode.

À noter : France 5 diffuse un documentaire inédit, « Le village de Madeleine », le vendredi 12 juin 2026 à 23h05, à l’occasion de l’ouverture de l’exposition parisienne. Pour préparer ou prolonger la visite.

Fragile Beauté continue au Jeu de Paume jusqu’au 27 septembre

L’exposition Fragile Beauté, qui présente une sélection de 300 photographies issues de la collection de 7 000 tirages d’Elton John et David Furnish, reste à l’affiche jusqu’au 27 septembre 2026. Quatre-vingt-dix photographes y sont représentés.

L’installation centrale, 149 tirages Thanksgiving de Nan Goldin, vaut à elle seule le détour. À noter l’avertissement de sensibilité affiché à l’entrée — certaines salles présentent des images explicites ou abordent la question du sida et de l’épidémie des années 1980.

C’est l’occasion de combiner les deux expositions du Jeu de Paume en une seule visite (la MEP nécessite un déplacement séparé, à 20 minutes à pied).

Comment combiner les trois en un week-end

Si vous êtes à Paris pour un week-end photo, voici un parcours optimisé.

  • Samedi matin (MEP, 10h-13h) : double exposition Camille Vivier (N+3) + La photographie en toutes lettres (N+2). Comptez 2h30 à 3h pour bien parcourir les deux étages, plus l’accrochage filmé William Klein dans l’auditorium si vous voulez le voir intégralement.
  • Déjeuner dans le Marais (la MEP est à 10 minutes à pied de Saint-Paul, beaucoup d’options).
  • Samedi après-midi (Jeu de Paume, 15h-18h) : Madeleine de Sinéty puis Fragile Beauté. Le Jeu de Paume permet généralement de combiner deux expositions sur un même billet « Toutes expositions », à confirmer à la caisse selon la programmation du jour.
  • Dimanche matin : flânerie aux Tuileries (pour rester dans l’axe Jeu de Paume) ou visite des galeries du Marais et du 3e arrondissement, dont beaucoup proposent leur propre programmation photographique d’été. Voir notre récap du Paris Gallery Weekend 2026.

Le bicentenaire de la photographie démarre en septembre

Les expositions MEP s’inscrivent déjà dans le programme officiel du Bicentenaire de la photographie (2026-2027), dont les célébrations sous le patronage du ministère de la Culture s’étendent jusqu’à 2027. À Paris spécifiquement, le Pavillon Populaire de Montpellier présente cet été Premières fois / Premières photos — Mille et une inventions de la photographie dans le cadre du Grand Arles Express, qui constitue une mise en bouche thématique. La 57e édition des Rencontres d’Arles s’y inscrit aussi via une création musicale Chassol pendant la semaine d’ouverture (voir notre guide Arles 2026).

Foire aux questions

Quelles sont les principales expositions photo à voir à Paris cet été ?

Quatre grandes propositions se chevauchent en juin-septembre 2026 : la rétrospective Camille Vivier à la MEP (10 juin → 13 septembre), La photographie en toutes lettres à la MEP également (mêmes dates, 35 artistes Collection Neuflize OBC), la rétrospective Madeleine de Sinéty au Jeu de Paume — Paris (12 juin → 27 septembre), et l’exposition Fragile Beauté qui reste à l’affiche au Jeu de Paume jusqu’au 27 septembre.

Qui est Camille Vivier ?

Camille Vivier est une photographe française née en 1977, formée à l’École supérieure d’art de Grenoble puis à la Saint Martins School à Londres. Elle a débuté à la fin des années 1990 comme assistante au magazine Purple avant de développer une carrière à l’intersection de la mode (Stella McCartney, Martin Margiela, Cartier, Eres, Kenzo, Dior, Hermès) et de l’art photographique (I-D, Dazed & Confused, Another Magazine, The New Yorker). La MEP lui consacre sa première rétrospective, sous le commissariat de Victoria Aresheva, avec une centaine d’œuvres issues d’une dizaine de séries dont Sophie, H.R. Giger et 20 Maresfield Garden (bodybuilding au Freud Museum London).

Qui est Madeleine de Sinéty ?

Madeleine de Sinéty (1934-2011) est une photographe franco-américaine, fille d’aristocrates désargentés et formée à l’École des arts décoratifs de Paris. Elle débute comme dessinatrice de mode dans les années 1960, puis bascule en autodidacte vers la photographie en 1970. Son œuvre majeure documente le village de Poilley en Ille-et-Vilaine, où elle vit de 1972 à 1980 et produit 33 280 diapositives couleur et 23 076 négatifs noir et blanc. Elle vit ensuite vingt-cinq ans à Rangeley (Maine, USA) avec son mari Daniel Behrman, journaliste américain. Première rétrospective au Jeu de Paume, sous le commissariat de Jérôme Sother et Quentin Bajac.

L’exposition Madeleine de Sinéty a-t-elle déjà eu lieu ?

Oui. L’exposition itinérante a d’abord été présentée au Jeu de Paume — Tours (Château de Tours) du 5 décembre 2025 au 17 mai 2026. La présentation parisienne du 12 juin au 27 septembre 2026 est la deuxième étape de cette rétrospective. Le contenu reste essentiellement le même, mais le parcours est adapté à la spécificité du Jeu de Paume Paris.

Quels sont les tarifs et horaires ?

MEP : fermée lundi et mardi. Mercredi et vendredi 11h-20h. Jeudi 11h-22h. Samedi et dimanche 10h-20h. Tarif plein 13 €, réduit 8 €. Jeu de Paume — Paris : fermé lundi. Mardi 11h-21h, mercredi à dimanche 11h-19h. Tarif plein 13 €, réduit 10 €. Le billet « Toutes expositions » couvre généralement les deux propositions en cours.

Y a-t-il un documentaire à voir avant l’exposition Madeleine de Sinéty ?

Oui. France 5 diffuse « Le village de Madeleine », documentaire inédit, le vendredi 12 juin 2026 à 23h05, à l’occasion de l’ouverture de l’exposition parisienne au Jeu de Paume.

Peut-on photographier dans les expositions ?

La photographie sans flash est tolérée pour usage privé dans la quasi-totalité des expositions parisiennes, sauf mention contraire à l’entrée. Trépieds et flash interdits. Certaines salles présentant des œuvres prêtées par des collections privées peuvent imposer une interdiction totale, signalée par pictogramme.

Pour aller plus loin

L’été photographique parisien se prolonge avec deux événements régionaux à portée nationale : nos guides du Festival Photo La Gacilly 2026 (Bretagne, 1er juin → 4 octobre) et des Rencontres d’Arles 2026 (6 juillet → 4 octobre) complètent naturellement le parcours.

Pour celles et ceux qui ont déjà bouclé le tour parisien, notre récap du Paris Gallery Weekend 2026 recense les 77 galeries franciliennes qui ont ouvert leurs portes fin mai et qui programment de la photographie tout l’été.

Côté technique, si ces rétrospectives vous donnent envie de retravailler vos propres tirages, notre guide pour réussir l’impression de vos photos couvre les bases du papier baryté, du fine-art et de la calibration écran-imprimante.

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