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Leica Summicron-M 66 f/2 : l'objectif espion de la Marine américaine revient en 660 exemplaires

Leica réédite en 660 exemplaires un objectif conçu pour la Marine américaine à la fin des années 1960. Une focale de 66 mm, f/2, 9 950 € en France.

Objectif Summicron-M 50 mm f/2 monté sur un boîtier Leica M11

Site officiel : Leica Summicron-M 66 f/2

L’essentiel

Leica a annoncé et mis en vente le 3 septembre 2026 le Summicron-M 66 f/2, réédition d’un objectif que le public n’a jamais pu acheter. L’original, l’Elcan 66 mm f/2, avait été conçu à la fin des années 1960 par le docteur Walter Mandler chez Ernst Leitz Canada, dans le cadre d’un contrat confidentiel avec la Marine américaine, et tiré à environ 200 exemplaires pour la reconnaissance photographique. La réédition est limitée à 660 exemplaires numérotés et coûte 9 950 € en France. Six lentilles en cinq groupes, mise au point manuelle à partir d’un mètre, 456 grammes. L’exemplaire numéro 001 partira aux enchères à Wetzlar en novembre.

Un objectif né d’un contrat secret

L’histoire tient en une ligne sur la fiche officielle de Leica : un contrat confidentiel avec la Marine américaine, une production d’environ 200 exemplaires, et une destination unique, la photographie de reconnaissance secrète. Walter Mandler dirigeait alors le développement optique chez Ernst Leitz (Canada) Ltd. Son Elcan 66 mm f/2 n’a jamais été vendu au public, ce qui en fait l’une des optiques les plus rares de l’histoire de la monture M.

C’est ce statut que Leica exploite aujourd’hui. Le Summicron-M 66 rejoint la gamme Classic Line, celle des rééditions de collection, et non le catalogue courant des objectifs M.

Pourquoi 66 millimètres

La focale intrigue, et c’est le meilleur passage de la communication de Leica. Ce chiffre n’est pas une coquetterie de designer : Mandler cherchait la résolution la plus élevée possible tout en conservant une grande ouverture et un encombrement discret. Soixante-six millimètres était le point d’équilibre entre ces trois exigences.

Le résultat tombe dans un intervalle que personne n’occupe. Entre le 50 mm standard et les focales à portrait que sont le 75 et le 85, le 66 mm donne une perspective proche du regard avec un léger effet téléobjectif. Combiné à une grande ouverture, il détache le sujet du fond sans écraser les plans. Leica promet à pleine ouverture un bokeh doux et un contraste élevé, la résolution maximale arrivant en fermant le diaphragme. Si la focale intermédiaire vous parle mais pas le tarif, notre comparatif des objectifs à portrait couvre les 50, 85 et 135 mm de chaque monture.

Ce que Leica a gardé de l’original

La fiche technique est sobre : six lentilles en cinq groupes, diaphragme à neuf lamelles de f/2 à f/16, mise au point manuelle à partir d’un mètre, filtres de 49 mm, 456 grammes pour 60 mm de diamètre et 60,1 mm de longueur.

Les clins d’œil se cachent dans l’ergonomie. Comme sur l’Elcan d’origine, la bague de diaphragme tourne dans le sens inverse de celle des autres objectifs M, un détail que Leica revendique sur sa fiche produit, avec un lettrage plus fin que sur le reste de la gamme. Chaque exemplaire porte un numéro de série à trois chiffres gravé sur la bague avant et vient avec un certificat d’authenticité. L’objectif se monte sur les boîtiers M, et sur un Leica SL avec une bague d’adaptation.

Un dernier détail dit tout du soin apporté au récit. Leica conserve dans ses archives de Wetzlar l’un des Elcan d’origine, qui équipait le croiseur lance-missiles USS Little Rock. Des décennies plus tard, le même objectif a servi à photographier le navire désarmé.

Notre lecture : un objet de collection avant d’être un outil

Soyons clairs sur ce qu’on achète. Neuf mille neuf cent cinquante euros pour une optique à mise au point manuelle qui ne descend pas sous un mètre, cela ne s’évalue pas au rapport qualité-prix. PetaPixel la vend 10 900 dollars aux États-Unis, Phototrend confirme le tarif français, et Leica Rumors relève des écarts d’un marché à l’autre.

Ce qui se vend ici, c’est une histoire vérifiable et une rareté organisée. Six cent soixante exemplaires face à une base d’acheteurs Leica qui absorbe chaque série limitée depuis des années, cela ne devrait pas traîner en rayon. Le signal le plus parlant vient de Leica elle-même : le numéro 001 ne sera pas vendu, il passera aux enchères Leitz Photographica à Wetzlar en novembre. On ne met pas aux enchères un objectif dont on redoute l’accueil.

Reste une vraie question pour les photographes que la focale intrigue. Un 66 mm f/2 n’existe nulle part ailleurs, et il faudra attendre les premiers essais terrain pour savoir si son rendu justifie autre chose qu’une vitrine. Pour situer ce format dans un équipement plus large, notre sélection des meilleurs appareils photo reste le point de départ.

FAQ

Combien coûte le Leica Summicron-M 66 f/2 ?

9 950 € en France, tarif affiché par la boutique en ligne de Leica. Aux États-Unis, la presse spécialisée annonce 10 900 dollars. L’objectif est en vente depuis le 3 septembre 2026.

Qu’est-ce que l’Elcan 66 mm f/2 d’origine ?

Un objectif conçu à la fin des années 1960 par le docteur Walter Mandler chez Ernst Leitz (Canada) Ltd, dans le cadre d’un contrat confidentiel avec la Marine américaine. Environ 200 exemplaires ont été produits pour la photographie de reconnaissance, et il n’a jamais été commercialisé auprès du public.

Sur quels boîtiers peut-on le monter ?

Sur les boîtiers Leica M, en monture M, et sur les Leica SL au moyen d’une bague d’adaptation. La mise au point est manuelle, avec une distance minimale d’un mètre.

Pourquoi une focale de 66 mm ?

Parce qu’elle répondait au cahier des charges de l’époque : résolution maximale, grande ouverture et encombrement réduit. Leica présente ce choix comme un compromis optique, pas comme une décision esthétique. La focale comble l’espace entre le 50 mm standard et les focales à portrait.