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Visa pour l'Image 2026 : le guide de la 38ᵉ édition à Perpignan

27 expositions gratuites, six soirées de projection, un thème qui répond aux images IA : le guide de la 38ᵉ édition de Visa pour l'Image à Perpignan.

Visiteurs dans une salle d'exposition du festival Visa pour l'Image à Perpignan

Site officiel : Visa pour l’Image

L’essentiel

La 38ᵉ édition de Visa pour l’Image, le festival international de photojournalisme, se tient à Perpignan du 29 août au 13 septembre 2026. Les 27 expositions sont gratuites, ouvertes tous les jours de 10 h à 20 h, dans une dizaine de lieux patrimoniaux dont le Couvent des Minimes. Six soirées de projection gratuites se succèdent au Campo Santo du 31 août au 5 septembre à 21 h 30. Le thème de l’année, « Le réel contre-attaque », oppose le travail documenté des photojournalistes au flot des images générées par IA. Voici ce qu’il faut voir, et comment organiser sa visite.

Jean-François Leroy, fondateur du festival, est mort le 31 août

Mise à jour du 2 septembre 2026. Jean-François Leroy est mort le lundi 31 août 2026 à Paris, à 69 ans, des suites d’un cancer, deux jours après l’ouverture de cette 38ᵉ édition (franceinfo). Fondateur du festival en 1989, il en a dirigé les 38 éditions. Malade, il avait manqué l’ouverture du 29 août, mais la programmation 2026 est la sienne, du premier au dernier accrochage.

Le festival se poursuit comme prévu jusqu’au 13 septembre, sous la conduite de Delphine Lelu, directrice générale. Les expositions et les dernières soirées du Campo Santo prennent, de fait, valeur d’hommage.

Palmarès 2026 : les Visa d’or

Mise à jour du 7 septembre 2026. Les Visa d’or ont été remis pendant la semaine professionnelle, du jeudi 3 au samedi 5 septembre (site officiel, franceinfo).

  • Visa d’or News Roger Thérond par Paris Match : Luis Tato (AFP), pour sa couverture du soulèvement de la génération Z à Madagascar en 2025, jusqu’au départ du président Andry Rajoelina. Remis samedi 5 septembre, doté de 8 000 €. Il avait déjà reçu le prix Rémi Ochlik en 2018.
  • Visa d’or Magazine : Jérôme Gence, « Au Japon, les mariages virtuels » (Le Figaro Magazine), un sujet exposé au festival cette année. Remis vendredi 4 septembre, 8 000 € offerts par la Région Occitanie.
  • Visa d’or de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik, réservé aux jeunes photographes : Philémon Barbier, pour la première année de la transition en Syrie après la chute du régime de Bachar al-Assad. Remis samedi 5 septembre.
  • Visa d’or humanitaire du CICR : Khames Alrefi, pour son travail sur les civils de Gaza.
  • Visa d’or Presse quotidienne internationale, rebaptisé « Gökşin Sipahioğlu by Sipa Press » : la Neue Zürcher Zeitung, pour une photographie de Dominic Nahr prise dans un hôpital de Soueïda, en Syrie.
  • Visa d’or d’honneur : Raymond Depardon, remis jeudi 3 septembre, l’année de sa première exposition à Perpignan.

Parmi les autres distinctions : le prix Camille Lepage à Robin Tutenges, le prix Françoise Demulder à Sarah Caron et Laurence Geai, le prix ANI-PixTrakk à David J Shaw, le prix Roger Pic de la Scam à Vincent Gouriou, la bourse Canon de la femme photojournaliste à Meeri Koutaniemi, la bourse de la nouvelle photographie urbaine soutenue par Google à Inès Verheyleweghen et la bourse SAIF Benoît Schaeffer pour l’édition photographique à Guillaume Herbaut.

L’essentiel pratique

Le festival occupe le centre historique de Perpignan, à environ vingt-cinq minutes à pied de la gare. Aucun billet à acheter : toutes les expositions sont en accès libre.

QuoiQuand
27 expositions29 août → 13 septembre, 10 h – 20 hCouvent des Minimes, Église des Dominicains, Palais des Congrès et autres lieux du centre
Soirées de projection31 août → 5 septembre, 21 h 30Campo Santo
Semaine professionnelle31 août → 5 septembreRencontres, signatures, agences
Semaines scolaires14 → 27 septembreVisites pour les classes

Le Couvent des Minimes concentre la majorité des accrochages ; l’Église des Dominicains, la Loge de Mer et plusieurs autres lieux du centre complètent le parcours. Comptez une grosse journée pour un tour d’ensemble, deux pour prendre le temps de lire les légendes, qui font ici partie intégrante du travail.

« Le réel contre-attaque » : le thème de 2026

Jean-François Leroy avait placé cette édition sous un mot d’ordre explicite : face aux images générées par IA, défendre le travail de terrain, sa lenteur et son coût. Des photos truquées circulent désormais à chaque événement d’actualité, et le festival revendique le rôle inverse : chaque image exposée est documentée, datée, signée.

Pour le visiteur photographe, ce n’est pas qu’une posture. Les expositions montrent ce que l’image générée ne produit pas : des mois de présence sur place, des accès négociés, des sujets suivis sur dix ou quarante ans.

Les expositions à ne pas manquer

Impossible de tout citer, mais cinq accrochages se détachent pour un habitué de la photographie.

Raymond Depardon bénéficie d’une rétrospective de ses années de reportage : le Liban en 1978, la chute du mur de Berlin, les portraits du personnel politique français des années 1980. Gerd Ludwig présente « Pas de fin en vue », son travail au long cours sur Tchernobyl, quarante ans après la catastrophe. Paolo Roversi surprend avec « L’Odeur de l’Inde », loin de ses images de mode. Michael Yamashita déroule quarante ans de photographie en Chine, et le plongeur Laurent Ballesta, habitué des grands prix nature, expose « Loin du ciel », ses immersions entre Polynésie et golfe du Lion.

Côté actualité, « Liban 2015-2026 : la dernière guerre » de Diego Ibarra Sánchez et le travail de Khames Alrefi sur les civils de Gaza, récompensé par le Visa d’or humanitaire du CICR, rappellent la vocation première du festival. Plus inattendu, Jérôme Gence, Visa d’or Magazine 2026, documente les mariages virtuels au Japon, où des personnes épousent un personnage de fiction.

Les soirées du Campo Santo

C’est l’autre signature de Visa pour l’Image : six soirées de projection dans le cloître du Campo Santo, du 31 août au 5 septembre à 21 h 30, en accès gratuit. L’actualité de l’année y est retracée en images sur écran géant, en présence des photographes. Les places partent vite : arrivez bien avant l’heure, le site officiel détaille le programme de chaque soirée.

Le festival distribue par ailleurs plus de 160 000 € de prix et de bourses, remis pendant la semaine professionnelle : le palmarès 2026 complet figure plus haut dans cet article.

Comment organiser sa visite

La semaine professionnelle, du 31 août au 5 septembre, concentre les projections et l’effervescence : c’est là que les photographes, les agences et les rédactions sont sur place. La deuxième semaine, du 6 au 13 septembre, offre les mêmes accrochages au calme, sans la foule : la bonne période pour prendre le temps de lire les légendes.

Le déplacement se combine bien avec la rentrée photographique. Notre guide des festivals photo gratuits recense les autres rendez-vous en accès libre, les Rencontres d’Arles restent ouvertes une partie de l’automne, et la saison s’inscrit dans le bicentenaire de la photographie, dont les célébrations officielles démarrent le 1ᵉʳ septembre. À Paris, notre sélection des expositions photo de l’automne prend le relais.

Le programme complet, lieu par lieu, est publié sur le site officiel du festival ; Phototrend en propose un tour d’horizon détaillé.

FAQ

Les expositions de Visa pour l’Image sont-elles vraiment gratuites ?

Oui, l’intégralité des 27 expositions est en accès libre, sans billet ni réservation, tous les jours de 10 h à 20 h du 29 août au 13 septembre 2026. Les soirées de projection du Campo Santo sont également gratuites.

Jusqu’à quand peut-on visiter le festival ?

Les expositions restent ouvertes jusqu’au dimanche 13 septembre 2026. Les soirées de projection s’arrêtent le 5 septembre, et des semaines réservées aux scolaires prolongent l’événement du 14 au 27 septembre.

Faut-il réserver pour les soirées du Campo Santo ?

L’accès est gratuit et se fait dans la limite des places disponibles. Le site officiel du festival publie le programme de chaque soirée ; mieux vaut arriver nettement en avance, les gradins du cloître se remplissent vite.

Quel est le thème de l’édition 2026 ?

« Le réel contre-attaque » : le festival répond à la prolifération des images générées par intelligence artificielle en défendant le photojournalisme de terrain, vérifiable et signé. Le thème traverse les 27 expositions et les soirées de projection.

Qui a remporté les Visa d’or 2026 ?

Le Visa d’or News est allé à Luis Tato (AFP) pour le soulèvement de la génération Z à Madagascar, le Visa d’or Magazine à Jérôme Gence pour les mariages virtuels au Japon, le prix Rémi Ochlik à Philémon Barbier pour la transition en Syrie, le Visa d’or humanitaire du CICR à Khames Alrefi pour les civils de Gaza, et le Visa d’or de la presse quotidienne à la Neue Zürcher Zeitung pour une photo de Dominic Nahr. Raymond Depardon a reçu un Visa d’or d’honneur.

Comment se rendre à Visa pour l’Image ?

Le festival se déroule dans le centre historique de Perpignan, à environ vingt-cinq minutes à pied de la gare, desservie en TGV depuis Paris, Lyon ou Lille. Les lieux d’exposition se parcourent ensuite à pied, le Couvent des Minimes servant de point central.