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Actualité

Visa pour l’Image 2026 : expos et palmarès de la 38ᵉ édition

27 expositions gratuites, six soirées au Campo Santo, le palmarès des Visa d’or et l’hommage à Jean-François Leroy : retour sur la 38ᵉ édition de Visa pour l’Image.

PAR SÉBASTIENPUBLIÉ MIS À JOUR 1 662 MOTS · 7 MIN

Illustration en collage photographique de l’article « Visa pour l’Image 2026 : le guide de la 38ᵉ édition à Perpignan »
COUVERTURE · COLLAGE16:9 · 1600 × 900

Site officiel : Visa pour l’Image

Mise à jour du 12 octobre 2026 : le festival s’est terminé comme prévu le 13 septembre, puis les expositions ont rouvert pour les groupes scolaires du 14 au 18 et du 21 au 25 septembre (Phototrend). Le festival n’a pas publié de bilan de fréquentation à ce jour, et les dates de l’édition 2027 ne sont pas encore annoncées. Une sélection de reportages de cette édition est projetée au Théâtre Nanterre-Amandiers le vendredi 16 octobre à 20 h et le samedi 17 octobre à 18 h, gratuitement sur réservation, avec Pauline Cazaubon et Delphine Lelu.

Jean-François Leroy, fondateur du festival, est mort le 31 août

Mise à jour du 2 septembre 2026. Jean-François Leroy est mort le lundi 31 août 2026 à Paris, à 69 ans, des suites d’un cancer, deux jours après l’ouverture de cette 38ᵉ édition (franceinfo). Fondateur du festival en 1989, il en a dirigé les 38 éditions. Malade, il avait manqué l’ouverture du 29 août, mais la programmation 2026 est la sienne, du premier au dernier accrochage.

Le festival s’est poursuivi comme prévu jusqu’au 13 septembre, sous la conduite de Delphine Lelu, directrice générale. Les expositions et les dernières soirées du Campo Santo ont pris, de fait, valeur d’hommage.

Palmarès 2026 : les Visa d’or

Mise à jour du 7 septembre 2026. Les Visa d’or ont été remis pendant la semaine professionnelle, du mercredi 2 au samedi 5 septembre (site officiel, franceinfo).

  • Visa d’or News Roger Thérond par Paris Match : Luis Tato (AFP), pour sa couverture du soulèvement de la génération Z à Madagascar en 2025, jusqu’au départ du président Andry Rajoelina. Remis samedi 5 septembre, doté de 8 000 €. Il avait déjà reçu le prix Rémi Ochlik en 2018.
  • Visa d’or Magazine : Jérôme Gence, « Les mariages virtuels au Japon » (Le Figaro Magazine), un sujet exposé au festival cette année. Remis vendredi 4 septembre, 8 000 € offerts par la Région Occitanie.
  • Visa d’or de la Ville de Perpignan Rémi Ochlik, réservé aux jeunes photographes : Philémon Barbier, pour la première année de la transition en Syrie après la chute du régime de Bachar al-Assad. Remis samedi 5 septembre.
  • Visa d’or humanitaire du CICR : Khames Alrefi, pour son travail sur les civils de Gaza.
  • Visa d’or de la Presse quotidienne Gökşin Sipahioğlu by Sipa Press : la Neue Zürcher Zeitung, pour le travail de Dominic Nahr à Soueïda, en Syrie.
  • Visa d’or d’honneur : Raymond Depardon, remis jeudi 3 septembre, l’année de sa première exposition à Perpignan.

Parmi les autres distinctions : le prix Camille Lepage à Robin Tutenges, le prix Françoise Demulder à Sarah Caron et Laurence Geai, le prix ANI-PixTrakk à David J Shaw, le prix Roger Pic de la Scam à Vincent Gouriou, la bourse Canon de la femme photojournaliste à Meeri Koutaniemi, la bourse de la nouvelle photographie urbaine soutenue par Google à Inès Verheyleweghen et la bourse SAIF Benoît Schaeffer pour l’édition photographique à Guillaume Herbaut.

L’essentiel pratique

Le festival a occupé le centre historique de Perpignan, à environ vingt-cinq minutes à pied de la gare. Aucun billet à acheter : toutes les expositions étaient en accès libre.

QuoiQuandOù
27 expositions29 août → 13 septembre, 10 h – 20 hCouvent des Minimes, Église des Dominicains, Hôtel Pams et autres lieux du centre
Soirées de projection31 août → 5 septembre, 21 h 30Campo Santo
Semaine professionnelle31 août → 5 septembreRencontres au Palais des Congrès, signatures, agences
Semaines scolaires14 → 18 et 21 → 25 septembreVisites pour les classes

Le Couvent des Minimes concentrait la majorité des accrochages ; l’Église des Dominicains, la Loge de Mer et plusieurs autres lieux du centre complétaient le parcours. Il fallait compter une grosse journée pour un tour d’ensemble, deux pour prendre le temps de lire les légendes, qui font ici partie intégrante du travail.

« Le réel contre-attaque » : le thème de 2026

Jean-François Leroy avait placé cette édition sous un mot d’ordre explicite : face aux images générées par IA, défendre le travail de terrain, sa lenteur et son coût. Des photos truquées circulent désormais à chaque événement d’actualité, et le festival a revendiqué le rôle inverse : chaque image exposée était documentée, datée, signée.

Pour le visiteur photographe, ce n’est pas qu’une posture. Les expositions montraient ce que l’image générée ne produit pas : des mois de présence sur place, des accès négociés, des sujets suivis sur dix ou quarante ans.

Les expositions à retenir

Impossible de tout citer, mais cinq accrochages se détachaient pour un habitué de la photographie.

Raymond Depardon a bénéficié d’une rétrospective de ses années de reportage : le Liban en 1978, la chute du mur de Berlin, les personnalités politiques françaises. Gerd Ludwig présentait « Pas de fin en vue », son travail au long cours sur Tchernobyl, quarante ans après la catastrophe. Paolo Roversi surprenait avec « L’Odeur de l’Inde », loin de ses images de mode. Michael Yamashita déroulait quarante ans de photographie en Chine, et le plongeur Laurent Ballesta, habitué des grands prix nature, exposait « Loin du ciel », ses immersions en Antarctique, aux Philippines et au cap Corse.

Côté actualité, « Liban 2015-2026 : la dernière guerre » de Diego Ibarra Sánchez et le travail de Khames Alrefi sur les civils de Gaza, récompensé par le Visa d’or humanitaire du CICR, rappelaient la vocation première du festival. Plus inattendu, Jérôme Gence, Visa d’or Magazine 2026, documente les mariages virtuels au Japon, où des personnes épousent un personnage de fiction.

Les soirées du Campo Santo

C’est l’autre signature de Visa pour l’Image : six soirées de projection dans le cloître du Campo Santo, du 31 août au 5 septembre à 21 h 30, en accès gratuit. L’actualité de l’année y a été retracée en images sur écran géant, et les prix du festival y ont été remis. Les places partaient vite : le festival conseillait d’arriver bien en avance.

Le festival a par ailleurs distribué plus de 160 000 € de prix et de bourses, remis pendant la semaine professionnelle : le palmarès 2026 figure plus haut dans cet article.

Comment s’organisait la visite

La semaine professionnelle, du 31 août au 5 septembre, a concentré les projections et l’effervescence : c’est là que les photographes, les agences et les rédactions étaient sur place. La deuxième semaine, du 6 au 13 septembre, offrait les mêmes accrochages au calme, sans la foule : la bonne période pour prendre le temps de lire les légendes.

Le déplacement se combinait bien avec la rentrée photographique. Notre guide des festivals photo gratuits recense les autres rendez-vous en accès libre, les Rencontres d’Arles sont restées ouvertes jusqu’au 4 octobre, et la saison s’inscrit dans le bicentenaire de la photographie, dont les célébrations officielles ont démarré le 1ᵉʳ septembre et se poursuivent jusqu’au 30 septembre 2027. À Paris, notre sélection des expositions photo de l’automne prend le relais.

Le programme complet, lieu par lieu, reste consultable sur le site officiel du festival ; Phototrend en propose un tour d’horizon détaillé.

FAQ

Les expositions de Visa pour l’Image sont-elles vraiment gratuites ?

Oui, l’intégralité des 27 expositions était en accès libre, sans billet ni réservation, tous les jours de 10 h à 20 h du 29 août au 13 septembre 2026. Les soirées de projection du Campo Santo étaient également gratuites.

Jusqu’à quand peut-on visiter le festival ?

L’édition 2026 est terminée : les expositions ont fermé au public le dimanche 13 septembre 2026, les soirées de projection s’étaient arrêtées le 5 septembre, et les groupes scolaires ont été accueillis du 14 au 18 et du 21 au 25 septembre. Une sélection de reportages est projetée au Théâtre Nanterre-Amandiers les 16 et 17 octobre 2026.

Faut-il réserver pour les soirées du Campo Santo ?

L’accès était gratuit et se faisait dans la limite des places disponibles. Le site officiel du festival publiait le programme de chaque soirée ; mieux valait arriver nettement en avance, les gradins du cloître se remplissaient vite.

Quel est le thème de l’édition 2026 ?

« Le réel contre-attaque » : le festival a répondu à la prolifération des images générées par intelligence artificielle en défendant le photojournalisme de terrain, vérifiable et signé. Le thème a traversé les 27 expositions et les soirées de projection.

Qui a remporté les Visa d’or 2026 ?

Le Visa d’or News est allé à Luis Tato (AFP) pour le soulèvement de la génération Z à Madagascar, le Visa d’or Magazine à Jérôme Gence pour les mariages virtuels au Japon, le prix Rémi Ochlik à Philémon Barbier pour la transition en Syrie, le Visa d’or humanitaire du CICR à Khames Alrefi pour les civils de Gaza, et le Visa d’or de la presse quotidienne à la Neue Zürcher Zeitung pour le travail de Dominic Nahr à Soueïda. Raymond Depardon a reçu un Visa d’or d’honneur.

Comment se rendre à Visa pour l’Image ?

Le festival se déroule chaque année dans le centre historique de Perpignan, à environ vingt-cinq minutes à pied de la gare, desservie en TGV depuis Paris, Lyon ou Lille. Les lieux d’exposition se parcourent ensuite à pied, le Couvent des Minimes servant de point central.

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