Choisir ses logiciels photo
Peakto : faut-il l'adopter pour organiser toutes ses photos sur Mac ?
Peakto centralise vos catalogues Lightroom, Capture One et vos dossiers dans une seule interface macOS, avec une IA qui tourne en local. Notre avis complet.

Site officiel : Peakto — CYME
L’essentiel
Peakto est un gestionnaire de médias réservé à macOS, développé par la société française CYME, basée à Montpellier. Il n’importe pas vos photos : il lit vos catalogues Lightroom Classic, Capture One, DxO PhotoLab, Luminar Neo, Apple Photos ou Aperture ainsi que vos dossiers, et les réunit dans une interface unique. Son argument central tient en une ligne : l’analyse par intelligence artificielle s’exécute sur votre machine, aucun fichier ne part dans le cloud. La version 2.7, sortie le 26 février 2026, a été complétée en juin 2026 par un mode Relay qui ouvre l’accès à distance à un NAS sans configuration réseau. Comptez de 10 à 15 €/mois selon la durée d’engagement, avec une licence perpétuelle en option et sept jours d’essai.
Peakto, c’est quoi exactement ?
Peakto est un méta-catalogueur. Il ne remplace ni votre logiciel de développement RAW, ni votre système de dossiers : il se branche dessus et en propose une vue commune.
Lightroom Classic vous demande d’importer vos images dans son catalogue. Peakto fait l’inverse : il lit les catalogues déjà là, y compris ceux de logiciels concurrents, et affiche leurs aperçus côte à côte. Vos fichiers ne bougent pas d’un octet, les retouches restent dans le logiciel qui les a créées.
L’éditeur, CYME SAS, a lancé la version 1.0 en juin 2022. Le rythme de développement est soutenu : la page des notes de version recense vingt et une versions majeures depuis, et plus de cent mises à jour au total. Peakto a été élu Produit de l’année au NAB Show 2025 et distingué au SATIS 2024, deux salons professionnels de l’image et de l’audiovisuel.
Reste le point qui décide de tout pour une partie des lecteurs : Peakto n’existe que sur Mac. Aucune version Windows n’est proposée ni annoncée.
Quels logiciels et quels stockages Peakto sait-il lire ?
La liste officielle est longue. CYME annonce la compatibilité avec Lightroom, Capture One, Luminar Neo, DxO, ON1, Pixelmator, Photoshop, Topaz, FotoMagico, Apple Photos, Aperture, iView Media, ainsi qu’avec les dossiers simples. Côté vidéo, Premiere Pro et Final Cut Pro complètent le tableau, et la version 2.7 y a ajouté les espaces de travail Affinity et Nitro.
Les emplacements comptent autant que les logiciels. Peakto indexe les disques internes, les disques externes, les NAS et les services de fichiers comme iCloud ou OneDrive. Une fois l’indexation faite, les aperçus restent consultables même si le disque qui contient les originaux est débranché. Pour qui archive sur des disques rangés dans un tiroir, c’est l’argument le plus concret du logiciel.
Deux modules complémentaires existent par ailleurs : Peakto Search pour Lightroom Classic et Peakto Search pour Capture One, deux greffons qui portent la recherche par contenu directement dans l’interface de ces logiciels, sans passer par l’application principale.
Si vous hésitez encore sur votre logiciel de développement, notre test complet de Capture One Pro et notre panorama des alternatives à Lightroom traitent l’étage du dessous : le développement, que Peakto ne fait pas.
La recherche par IA en local : ce qu’elle change vraiment
Peakto analyse le contenu de vos images sur votre Mac, sans envoyer quoi que ce soit sur un serveur. Cette analyse alimente plusieurs modes de recherche.

Vous pouvez décrire ce que vous cherchez en langage courant, chercher des images visuellement similaires à partir d’une photo de référence, filtrer par visage détecté, ou interroger les métadonnées classiques. Sur les vidéos, la transcription automatique permet de retrouver un plan à partir d’une phrase prononcée. L’analyse produit aussi des scores esthétiques et techniques, ainsi qu’une lecture des harmonies de couleurs.
Ce traitement local est ce qui distingue Peakto de la concurrence la plus visible. Adobe fait l’inverse : sa recherche sémantique n’existe que dans le Lightroom cloud, parce que l’analyse tourne sur ses serveurs. Nous avons détaillé cette limite dans notre article sur la recherche en langage naturel de Lightroom, où Lightroom Classic reste sur le carreau.
Le concurrent le plus direct sur ce terrain reste Excire Foto, qui pratique lui aussi l’analyse locale, avec un avantage sérieux : il existe sur Windows. Notre test complet d’Excire Foto donne le détail de ses capacités de recherche.
Une réserve d’usage, valable pour toutes ces technologies : l’indexation initiale d’une grosse photothèque prend du temps, et une requête vague sur des dizaines de milliers d’images reste inexploitable. L’IA élargit la recherche, elle ne dispense pas de poser des mots-clés sur ce qui n’est pas visible à l’écran, comme le nom d’un client ou le fait qu’une commande soit livrée.
Tri assisté et chasse aux doublons : l’apport de la version 2.6
La version 2.6, publiée le 13 janvier 2026, a apporté la nouveauté la plus utile aux photographes depuis longtemps : la déduplication et le tri assisté à l’échelle de toute la photothèque.
La plupart des outils de détection de doublons travaillent sur un dossier ou un catalogue à la fois. Peakto compare l’ensemble des sources indexées d’un coup, dossiers locaux, disques externes, NAS et catalogues tiers confondus, et remonte les images identiques, quasi identiques ou redondantes. PetaPixel et mac4ever ont relayé la fonction à sa sortie.

L’interface de comparaison présente deux candidats côte à côte, avec leurs métadonnées de prise de vue et leur poids, pour trancher en connaissance de cause. Sur une photothèque accumulée depuis quinze ans et copiée trois fois de disque en disque, le gain d’espace peut être considérable.
Le tri assisté par IA relève d’une logique voisine : la sélection automatique des meilleures images d’une série. C’est le terrain d’outils spécialisés comme Aftershoot, dont c’est le métier principal. Peakto le propose comme une fonction parmi d’autres, pas comme sa raison d’être.
Consulter sa photothèque à distance, sans passer par le cloud
C’est le chantier sur lequel CYME investit depuis 2025, et sa promesse commerciale la plus singulière : accéder à ses médias depuis n’importe où, sans les téléverser nulle part.
Le principe transforme votre Mac en serveur. La version 2.3, en février 2025, a introduit Peakto Connect : une connexion chiffrée qui rend le catalogue consultable depuis un navigateur, sur un autre ordinateur, une tablette ou un téléphone. La version 2.5, en octobre 2025, y a ajouté les proxys vidéo dans l’interface web et l’invitation d’utilisateurs externes par simple lien.
Le 25 juin 2026, CYME a annoncé un mode Relay qui supprime la partie ingrate de l’affaire : plus de redirection de ports à configurer sur son routeur, plus de VPN à monter pour atteindre un NAS. Le partage se fait en quelques clics, et les actions faites depuis le navigateur — notes, commentaires, validations, métadonnées — se synchronisent instantanément avec l’application. ProVideo Coalition a confirmé l’information quelques jours plus tard.
La contrepartie se comprend en une phrase : puisque rien n’est hébergé ailleurs, la machine qui détient les fichiers doit rester allumée et connectée pour que l’accès distant fonctionne. Vous ne payez pas de stockage cloud, vous payez en disponibilité de votre propre matériel. Et cela ne remplace pas une sauvegarde : notre guide pour sauvegarder ses photos en voyage rappelle la règle 3-2-1, dont aucun gestionnaire de médias ne dispense.
Peakto 3.0 : ce que CYME a annoncé pour l’IBC 2026
Par communiqué du 9 septembre 2026, CYME a annoncé Peakto 3.0, présentée en avant-première à l’IBC d’Amsterdam du 11 au 14 septembre, avant une sortie officielle dont la date n’est pas communiquée. Le fil conducteur est le lien avec les logiciels Adobe : Peakto sert d’étape de recherche et de sélection en amont de Lightroom Classic, de Photoshop et de Premiere, sans que les fichiers quittent vos disques ou votre NAS. L’analyse reste locale, et le logiciel ne génère aucune image : il retrouve et trie celles que vous avez déjà.
Pour les photographes, l’annonce tient en deux points : un moteur d’IA dimensionné pour des photothèques de plusieurs centaines de milliers d’images, et des sélections partagées que l’on constitue à plusieurs avant de poursuivre le développement dans Lightroom Classic ou Photoshop. Le reste du communiqué s’adresse aux vidéastes, avec un pré-montage collaboratif en amont de Premiere. Les tarifs cités sont ceux de la grille ci-dessous. Cette section sera complétée à la sortie de la version, une fois testée sur une vraie photothèque.
Combien coûte Peakto ?
Trois formules, chacune facturable au mois, à l’année ou sur deux ans. Voici la grille relevée sur la page de CYME le 6 août 2026.
| Formule | Au mois | À l’année | Sur deux ans |
|---|---|---|---|
| Standard | 15 €/mois | 12 €/mois, soit 144 € par an | 10 €/mois, soit 240 € tous les deux ans |
| Professionnel | 45 €/mois | 35 €/mois, soit 420 € par an | 25 €/mois, soit 600 € tous les deux ans |
| Entreprise | sur devis | sur devis | sur devis |
Le plan Standard couvre l’essentiel : application Mac, ingestion illimitée, toutes les compatibilités, outils IA locaux et accès distant personnel. Le plan Professionnel y ajoute les fonctions collaboratives, le partage illimité avec des invités et le plugin Premiere Pro, ce dernier étant encore signalé « bientôt disponible » sur la page tarifs. Le tarif Pro vaut pour un utilisateur : les collaborateurs supplémentaires se facturent en plus, et la formule Entreprise prend le relais au-delà de dix.
Une remarque sur les remises affichées. Les badges « −20 % » et « −40 % » sont indicatifs plus qu’exacts : sur le plan Standard, l’engagement de deux ans fait économiser 33 % par rapport au mensuel, pas 40 %. Sur le plan Professionnel, il en fait gagner 44 %. Faites le calcul sur la durée qui vous concerne plutôt que sur le pourcentage annoncé.
Reste la licence perpétuelle à 270 €, réservée au plan Standard. C’est la seule option sans abonnement, et le seul prix qui n’apparaît pas dans le tableau des formules : il se trouve plus bas sur la page, sous la colonne Standard.
Ce montant se compare utilement à l’abonnement. Face au tarif mensuel, la licence est amortie en 18 mois. Face au plan annuel, il faut 22 mois. Et face à l’engagement de deux ans, le plus économique, il en faut 27. Autrement dit : la licence perpétuelle n’est intéressante que si vous comptez garder Peakto plus de deux ans, et si l’idée de payer tous les mois vous rebute.
Attention toutefois à ce que « perpétuelle » recouvre ici : elle n’inclut qu’un an de mises à jour. Passé ce délai, votre version continue de fonctionner, mais les nouveautés se rachètent. Sur un logiciel qui a sorti vingt et une versions majeures en quatre ans, ce n’est pas un détail. Aucun essai gratuit n’est proposé sur cette formule.
L’essai de sept jours s’applique aux abonnements et se résilie à tout moment. La TVA locale s’ajoute au paiement selon votre pays.
Peakto face à Lightroom, Apple Photos et Excire
| Critère | Peakto | Lightroom Classic | Apple Photos | Excire Foto |
|---|---|---|---|---|
| Plateformes | macOS seul | macOS, Windows | macOS, iOS | macOS, Windows |
| Rôle | Lire les catalogues et les dossiers | Cataloguer et développer | Bibliothèque grand public | Rechercher dans les dossiers |
| Développement RAW | non | oui | basique | non |
| Recherche par contenu | IA locale | absente de Classic | IA locale | IA locale |
| Sources multiples | oui, tous logiciels | catalogue propre | bibliothèque propre | dossiers et catalogues |
| Accès distant | oui, sans cloud | via le cloud Adobe | via iCloud | non |
Le tableau dit l’essentiel : ces logiciels ne font pas le même métier. Peakto n’a de sens que si vos images sont réellement dispersées entre plusieurs logiciels, plusieurs disques et plusieurs époques. Si tout votre travail vit dans un seul catalogue Lightroom bien tenu, vous paierez pour résoudre un problème que vous n’avez pas.
Faut-il adopter Peakto ?
Peakto s’adresse à un profil précis : le photographe qui a changé de logiciel deux ou trois fois en quinze ans, dont les images vivent sur quatre disques et dans trois catalogues, et qui perd un temps réel à chercher une photo dont il se souvient parfaitement. Pour celui-là, l’outil résout un problème que ni Lightroom ni Apple Photos ne traitent.
Pour un photographe organisé, avec un seul catalogue et une nomenclature tenue, l’apport se réduit à la recherche par contenu — que d’autres outils fournissent pour moins cher, et sur Windows.
L’essai de sept jours est le bon protocole de décision : indexez vos vraies sources, cherchez trois images que vous avez du mal à retrouver d’habitude, et jugez sur ce résultat plutôt que sur une liste de fonctions.
FAQ
Peakto existe-t-il sur Windows ?
Non. Peakto est une application native macOS et CYME ne propose aucune version Windows, ni sur son site, ni dans sa feuille de route publique. Les utilisateurs de PC doivent se tourner vers d’autres gestionnaires, comme Excire Foto, qui existe sur les deux systèmes.
Peakto est-il gratuit ?
Non, mais il propose un essai gratuit de sept jours, résiliable à tout moment et sans achat préalable. Passé ce délai, il faut souscrire un abonnement : 15 €/mois sans engagement pour le plan Standard, 12 €/mois en annuel, 10 €/mois sur deux ans. Une licence perpétuelle à 270 € existe aussi, avec un an de mises à jour incluses.
Peakto déplace-t-il ou modifie-t-il mes fichiers ?
Non. Peakto lit vos catalogues et vos dossiers, puis en construit une base de données d’aperçus et de métadonnées. Les fichiers originaux restent à leur emplacement, dans leur logiciel d’origine, et les retouches déjà appliquées ne sont pas touchées.
Peakto remplace-t-il Lightroom ou Capture One ?
Non, et ce n’est pas son objectif. Peakto ne développe pas les fichiers RAW : il sert à retrouver et organiser, puis renvoie l’image vers le logiciel de retouche de votre choix pour l’édition. Il se superpose à votre chaîne existante au lieu de la remplacer.
Faut-il laisser son Mac allumé pour l’accès à distance ?
Oui. Comme aucun fichier n’est hébergé sur un serveur tiers, c’est la machine qui détient les médias qui fait office de serveur. Elle doit donc rester allumée et connectée à Internet pour que le catalogue soit consultable depuis un navigateur.
Sur quels Mac Peakto fonctionne-t-il ?
L’application est universelle et tourne sur les Mac Apple Silicon comme sur les Mac Intel, CYME annonçant une optimisation pour les puces Apple Silicon. La version minimale de macOS exigée évolue avec les mises à jour : mieux vaut la vérifier sur la page de configuration de l’éditeur avant d’acheter.



