Actualité
Prix Niépce 2026 : Alexandra Catiere consacrée 71e lauréate
Le 20 mai 2026, l'association Gens d'images consacre Alexandra Catiere comme 71e lauréate du Prix Niépce. Photographe née à Minsk en 1978, formée chez Irving Penn, elle travaille en noir et blanc à la chambre.

Site officiel : Prix Niépce Gens d’images 2026 — règlement et histoire
L’essentiel : L’association Gens d’images a annoncé le 20 mai 2026 que la 71e édition du Prix Niépce revient à la photographe Alexandra Catiere. Née à Minsk (Biélorussie) en 1978, formée à l’International Center of Photography de New York puis au studio d’Irving Penn, installée à Paris depuis 2008. Travaillant principalement en noir et blanc à la chambre photographique, son œuvre intègre les collections de la BnF depuis 2022. Ses séries majeures : « Ici, par-delà les brumes » (résidence BMW Niépce 2011), « L’élan vital de solidarité » (Grande commande photojournalisme 2021), « Le souffle de l’être » (Prix Camera Clara 2024). Le Prix Niépce est le plus ancien prix photo français, créé en 1955. La lauréate reçoit une bourse et une exposition.
Un prix de référence depuis 1955
Le Prix Niépce Gens d’images est l’un des plus anciens prix photographiques au monde. Créé en 1955 par Albert Plécy au sein de l’association Gens d’images, il récompense chaque année un·e photographe professionnel·le de moins de 50 ans, français ou résidant en France depuis au moins trois ans. Il célèbre Nicéphore Niépce, inventeur de la photographie en 1827, à Chalon-sur-Saône.
Le jury 2026 réunit trois membres ex-officio :
- la conservatrice de la photographie contemporaine de la Bibliothèque nationale de France (présidente)
- la lauréate de l’année précédente
- la présidente de Gens d’images
Plus quatre membres invités, renouvelés chaque édition. Les délibérations ont eu lieu le 18 mai 2026 dans la confidentialité, avant la proclamation publique le 20 mai.
Le prix s’inscrit dans la lignée des grands prix photo français aux côtés du Prix HCB (Henri Cartier-Bresson, qui finance un projet sur deux ans), du Prix Pictet (international, thématique annuelle) et du Prix Camera Clara (réservé à la chambre photographique). Le Niépce reste le plus ancien et un des plus prestigieux pour un photographe en milieu de carrière.
Alexandra Catiere : trajectoire de Minsk à Paris
Née en 1978 à Minsk, alors capitale de la République socialiste soviétique de Biélorussie, Alexandra Catiere quitte l’Union soviétique pour les États-Unis à la fin des années 1990. Elle étudie d’abord les langues modernes avant de bifurquer vers la photographie en s’inscrivant à l’International Center of Photography (ICP) de New York en 2003.
Elle entre en 2005 dans le studio d’Irving Penn, l’un des photographes de mode et de portrait les plus reconnus du XXe siècle. C’est là qu’elle affirme son rapport à la lumière, à la composition silencieuse, à l’épure formelle. Cette même année, sa première publication paraît dans The New Yorker Magazine.
En 2008, elle s’installe à Paris où elle vit et travaille toujours. Sa carrière s’enchaîne avec des distinctions régulières :
- 2007 : lauréate du Festival International de Mode et de Photographie d’Hyères
- 2011 : première lauréate de la Résidence BMW au Musée Nicéphore Niépce (Chalon-sur-Saône)
- 2018 : Prix Élysée (Musée de l’Élysée, Lausanne)
- 2021 : sélectionnée pour la Grande Commande Photojournalisme du ministère de la Culture (programme Sébastien Lifshitz)
- 2024 : Prix Camera Clara pour sa série « Le souffle de l’être »
- 2026 : Prix Niépce Gens d’images, 71e lauréate
Son œuvre est entrée dans les collections de la Bibliothèque nationale de France en 2022 — un sésame rare pour une photographe vivante.
Une œuvre du noir et blanc à la chambre
Alexandra Catiere travaille principalement en noir et blanc, souvent à la chambre photographique grand format (4×5 pouces ou 8×10 pouces). Ce choix technique est éditorial : la chambre impose la lenteur, la composition réfléchie, le rapport contemplatif au sujet. C’est aussi un héritage assumé de la grande tradition du portrait américain de la côte est (Irving Penn, Richard Avedon, Mary Ellen Mark).
Ses séries majeures :
« Ici, par-delà les brumes » (2011-2012) : trois mois en résidence au musée Niépce de Chalon-sur-Saône. Catiere photographie la ville, ses habitants, les objets du quotidien. Publication aux Éditions Trocadéro, exposition aux Rencontres d’Arles 2012.
« Nobody believes that I’m alive » (2015) : second livre majeur.
« Behind the glass » (2018) : troisième publication, focalisée sur les portraits intimes.
« L’élan vital de solidarité » (2021) : commande publique française pour documenter la France pendant la crise sanitaire. Portraits serrés en noir et blanc de citoyens de tous âges et toutes conditions sociales.
« À haute voix » (2022) : quatrième livre.
« Le souffle de l’être » (2024) : série poétique sur la perte d’êtres chers, réalisée intégralement à la chambre grand format. C’est cette série qui lui vaut le Prix Camera Clara 2024 puis le Prix Niépce 2026.
Son approche s’inscrit dans une tradition humaniste, comme l’écrit la BnF. Elle vise moins le sujet documentaire que la sensation, l’atmosphère, l’empathie pour les visages photographiés. Pour comprendre comment cette approche se construit, lisez notre guide pratique de la photo noir et blanc.
Le Prix Niépce, quels précédents lauréats ?
Le palmarès du Niépce depuis 1955 traverse la photographie française moderne et contemporaine. Quelques noms confirmés au fil des décennies :
- Robert Doisneau (1956)
- Jeanloup Sieff (1959)
- Luc Delahaye (2002)
- Claudine Doury (2004)
- Bertrand Meunier (2007)
- Denis Darzacq (2012)
- Alexandra Catiere (2026)
La liste complète est tenue à jour par Gens d’images et la Bibliothèque nationale de France. Recevoir le Niépce signifie souvent une bascule de carrière : galeries premium, expositions institutionnelles, ventes publiques. C’est un label de qualité reconnu par le marché de l’art photographique français.
Et maintenant : la suite pour Alexandra Catiere
La lauréate reçoit traditionnellement une bourse (le montant n’est pas systématiquement public) et une exposition organisée par l’association Gens d’images, généralement dans un lieu institutionnel parisien. La date et le lieu pour l’édition 2026 ne sont pas encore communiqués.
Catiere participe aussi à l’édition 2026 des Rencontres d’Arles en tant qu’intervenante stage. Pour les photographes amateurs qui veulent suivre son travail, son livre « Cerisier en fleurs » publié chez Bernard Chauveau Édition reste disponible. Et pour prolonger la veille photo d’auteur de mai 2026, voir notre guide Paris Gallery Weekend 2026, 77 galeries franciliennes du 29 au 31 mai et notre couverture du palmarès World Press Photo 2026.
Pour vous immerger dans l’univers du portrait photographique d’auteur que cultive Catiere, voir aussi nos lectures de L’œil du photographe de Michael Freeman et de Qu’est-ce qu’une photo réussie ? de Freeman, deux ouvrages qui éclairent la démarche du portrait sensible. Pour bien composer un portrait, notre guide sur l’importance d’une bonne composition reste le pilier de référence.
FAQ Prix Niépce 2026
Qu’est-ce que le Prix Niépce Gens d’images ?
C’est l’un des plus anciens prix photographiques au monde, créé en 1955 par l’association Gens d’images. Il récompense chaque année un·e photographe professionnel·le de moins de 50 ans, français ou résidant en France depuis au moins trois ans, pour l’ensemble de son œuvre. L’édition 2026 est la 71e.
Qui est Alexandra Catiere, lauréate 2026 du Prix Niépce ?
Alexandra Catiere est une photographe biélorusse née à Minsk en 1978. Elle a étudié à l’International Center of Photography de New York puis travaillé dans le studio d’Irving Penn. Installée à Paris depuis 2008, elle photographie principalement en noir et blanc à la chambre grand format. Son œuvre est entrée dans les collections de la BnF en 2022.
Comment Alexandra Catiere a-t-elle été choisie ?
Les candidat·es au Prix Niépce sont nommé·es par des personnalités qualifiées (commissaires, conservateurs, galeristes, photographes). Le jury, présidé par la conservatrice de la photographie contemporaine de la BnF et incluant la lauréate de l’année précédente, délibère à huis clos. La délibération 2026 a eu lieu le 18 mai 2026, la proclamation publique le 20 mai.
Quelles sont les séries majeures d’Alexandra Catiere ?
Six séries notables : « Ici, par-delà les brumes » (2012, résidence BMW Niépce), « Nobody believes that I’m alive » (2015), « Behind the glass » (2018), « L’élan vital de solidarité » (2021, Grande commande photojournalisme), « À haute voix » (2022) et « Le souffle de l’être » (2024, Prix Camera Clara).
Que reçoit la lauréate du Prix Niépce ?
Une bourse financière (le montant n’est pas systématiquement public) et une exposition organisée par l’association Gens d’images, généralement dans un lieu institutionnel parisien. La date et le lieu de l’exposition 2026 n’ont pas encore été communiqués au moment de l’annonce.
Qui sont les anciens lauréats célèbres du Prix Niépce ?
Quelques noms confirmés du palmarès depuis 1955 : Robert Doisneau (1956), Jeanloup Sieff (1959), Luc Delahaye (2002), Claudine Doury (2004), Bertrand Meunier (2007), Denis Darzacq (2012). La liste complète est tenue à jour par Gens d’images et la Bibliothèque nationale de France. Le Niépce reste un label majeur de la photographie française d’auteur.
Conclusion
L’attribution du Prix Niépce 2026 à Alexandra Catiere consacre une trajectoire singulière : photographe biélorusse formée à la grande tradition américaine du portrait (ICP, Irving Penn), installée en France depuis presque vingt ans, fidèle à la chambre grand format et au noir et blanc à l’heure où le numérique IA domine. C’est aussi une reconnaissance pour la photographie d’auteur intime, un territoire que les algorithmes peinent encore à habiter.


