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Supprimer les reflets d'une vitre dans Photoshop : la méthode qui marche

Photographié à travers une vitre de train ou d'avion ? Camera Raw sépare le reflet de la scène. Où trouver l'outil, comment le régler, et ses limites.

Avant/après de la suppression des reflets d'une vitre : scène photographiée à travers la vitrine d'un café

L’essentiel

Adobe Camera Raw sait retirer le reflet d’une photo prise à travers une vitre, et il le fait sans IA générative : l’outil sépare deux images superposées plutôt que d’inventer des pixels. On le trouve dans le panneau Supprimer → Suppression des distractions → Réflexions. Un curseur allant de -100 à 100 dose l’effet, et trois qualités de rendu sont proposées. L’outil accepte désormais les RAW comme les JPEG et HEIF. Sa vraie limite n’est pas le format mais le sujet : il vise les grandes surfaces vitrées planes, pas les lunettes, les miroirs ni les plans d’eau.

Au programme4 sections
  1. Où se trouve l’outil dans Photoshop ?
  2. Comment le régler correctement
  3. Sur quelles photos ça échoue
  4. Mieux vaut éviter le reflet à la prise de vue

Où se trouve l’outil dans Photoshop ?

Dans Camera Raw, pas dans Photoshop lui-même, et c’est la première source de confusion.

Camera Raw est le module de développement qui s’ouvre automatiquement quand vous ouvrez un fichier RAW dans Photoshop. Pour un JPEG, il faut le lancer explicitement par Filtre → Filtre Camera Raw. La fonction vit ensuite dans le panneau Supprimer, section Suppression des distractions, case Réflexions, puis un bouton d’application qui lance l’analyse.

Le même outil existe dans Lightroom Classic, qui partage le moteur de développement de Camera Raw. Si vous travaillez habituellement dans Lightroom, inutile de passer par Photoshop.

Le traitement demande du calcul et un temps d’attente de quelques secondes à plusieurs dizaines selon la taille du fichier et la qualité choisie. Ce n’est pas un curseur temps réel. PhotoshopCAFE en montre le déroulé pas à pas en vidéo.

Comment le régler correctement

Trois réglages seulement, et le plus important n’est pas celui qu’on croit.

La qualité de rendu se choisit avant l’analyse. Aperçu travaille en basse résolution, c’est le plus rapide et cela suffit pour juger si l’image est récupérable. Standard correspond à une résolution d’écran normale. Meilleur traite en pleine résolution et prend le plus de temps. Commencez toujours par un aperçu : si le résultat est mauvais à ce stade, il le restera.

Le curseur va de -100 à 100. À 0, l’image reste inchangée. À 100, le reflet est retiré au maximum. Et à -100, vous obtenez l’inverse : uniquement le reflet détecté, la scène derrière ayant disparu. Cette valeur négative n’est pas un gadget, elle sert à vérifier ce que l’algorithme a réellement identifié comme reflet. Si des éléments de votre sujet apparaissent dans cette vue, la séparation est ratée.

Le point de contrôle réel, c’est votre prise de vue. L’outil sépare deux plans superposés en s’appuyant sur leurs différences de netteté, de contraste et de balance des blancs. Le modèle a été entraîné sur des milliers d’images sans reflet, puis sur des millions d’images auxquelles des reflets ont été ajoutés artificiellement, comme l’expliquait Phototrend au lancement de la fonction. Plus le reflet est net et contrasté par rapport à la scène, mieux il est isolé. Une vitre sale ou un reflet flou donnent des résultats médiocres.

Sur quelles photos ça échoue

Autant le savoir avant de perdre une demi-heure.

L’outil est conçu pour les grandes surfaces vitrées planes qui occupent tout ou une large part du cadre : fenêtre de train, hublot d’avion, baie vitrée, vitrine. C’est le scénario nominal.

Il échoue sur les surfaces courbes et les petits objets : lunettes de vue sur un portrait, pare-brise bombé, vitrine incurvée. Il n’est pas prévu non plus pour les miroirs, où il n’y a pas deux plans à séparer mais une seule image renvoyée, ni pour les plans d’eau, dont le reflet fait partie du sujet.

Les scènes urbaines nocturnes posent également problème. Les sources lumineuses ponctuelles et les fortes différences de luminance brouillent l’analyse, alors même que c’est le cas où l’on aimerait le plus l’utiliser, typiquement une photo prise depuis une chambre d’hôtel la nuit.

Enfin, le résultat n’est pas toujours propre. Sur une séparation imparfaite, il reste des halos ou des zones de contraste aplati. Un passage au tampon ou à la correction localisée dans Photoshop finit le travail. Notre article sur supprimer un objet d’une photo détaille ces outils de retouche localisée.

Mieux vaut éviter le reflet à la prise de vue

Aucun traitement ne rattrape ce que la technique évite, et Adobe le dit lui-même : la suppression des reflets reste une solution de dernier recours. Trois gestes suffisent à s’en passer.

Collez l’objectif à la vitre. C’est le geste le plus efficace, et de loin. En supprimant l’espace entre la lentille frontale et le verre, vous supprimez la quasi-totalité de la lumière parasite qui crée le reflet. Un pare-soleil souple en caoutchouc permet de le faire sans rayer l’optique.

Portez du sombre. Le reflet dans une vitre, c’est souvent vous. Un vêtement clair renvoie bien plus de lumière qu’un noir mat, particulièrement dans un train ou un avion à l’éclairage intérieur allumé.

Utilisez un polarisant, mais sachez quand. Un filtre polarisant circulaire atténue fortement les reflets sur une surface non métallique, avec un maximum d’effet autour de 30 à 40 degrés d’incidence. De face, perpendiculairement à la vitre, il ne fait presque rien. Notre guide des meilleurs filtres ND et polarisants détaille ce choix, et notre article sur comprendre la lumière explique pourquoi l’angle compte autant.

Un dernier point qui relève du réglage plus que du matériel : ouvrez davantage pour réduire la profondeur de champ. Un reflet situé dans un plan différent du sujet devient alors moins net, donc moins gênant, et plus facile à séparer ensuite pour l’algorithme. Notre guide du triangle d’exposition rappelle les arbitrages associés.

FAQ

Faut-il un fichier RAW pour supprimer les reflets ?

Non, plus depuis les évolutions de l’outil : Camera Raw accepte désormais les fichiers RAW comme les JPEG et les HEIF. Un RAW donne toutefois de meilleurs résultats, sa latitude d’exposition aidant l’algorithme à distinguer les deux plans superposés.

L’outil utilise-t-il l’IA générative ?

Non, et c’est important. Il ne fabrique pas de pixels : il analyse deux images superposées et les sépare en s’appuyant sur leurs différences de netteté, de contraste et de balance des blancs. Ce qui apparaît derrière le reflet était réellement présent dans le fichier.

Peut-on supprimer le reflet dans des lunettes ?

Pas avec cet outil. Il vise les grandes surfaces vitrées planes couvrant une large part du cadre. Les verres de lunettes, courbes et petits, sortent de son domaine : il faut passer par une retouche localisée au tampon ou au correcteur.

Pourquoi le résultat est-il mauvais sur mes photos de nuit ?

Les scènes urbaines nocturnes restent le point faible documenté de l’outil. Les sources lumineuses ponctuelles et les écarts de luminance importants brouillent la séparation des deux plans. Le rendu comporte alors souvent des halos autour des lumières.

Où trouver la fonction dans Lightroom ?

Au même endroit, puisque Lightroom Classic partage le moteur de Camera Raw : panneau Supprimer, section Suppression des distractions, case Réflexions. Inutile donc d’ouvrir Photoshop si vous développez déjà dans Lightroom.

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