Wildlife Photographer of the Year 2026 : trois images françaises
Une éléphante portant son petit mort remporte le Wildlife Photographer of the Year 2026, en noir et blanc. Palmarès, trois images françaises et exposition à Londres.
PAR SÉBASTIENPUBLIÉ MIS À JOUR 1 439 MOTS · 6 MIN

Qui a gagné le Wildlife Photographer of the Year 2026 ?
Federico Veronesi remporte le titre avec « The Aftermath », qui gagne aussi la catégorie Comportement : mammifères. La scène se passe dans la vallée de la Huab, au Damaraland, en Namibie. Des traces de traînée dans un lit de rivière à sec ont mis Federico Veronesi sur la piste. Une femelle est sortie d’un groupe familial avec le petit mort, une patte coincée entre défense et trompe.
Kathy Moran, qui préside le jury, parle d’« un coup de poing à l’estomac ». Sur le plan intellectuel, c’est « la preuve que les animaux ont une vie cognitive ». Le communiqué du musée rappelle que des éléphants gardent, inspectent ou portent parfois leurs morts. Deuil ou compréhension de la mort : les chercheurs restent partagés.
Fiche technique : Nikon Z8, 400 mm f/2,8, 1/1000 s à pleine ouverture, ISO 72. Le jury a départagé un record de 65 403 participations, venues de 121 pays et territoires (60 636 l’an dernier).
Le titre jeunes revient à Oscar Whitfield, qui gagne aussi les 11-14 ans. « Labour of Love » montre un bousier poussant sa boule, dans le parc national du Zambèze, au Zimbabwe. La prise de vue s’est faite au ras du sol, dans la poussière soulevée par la chaleur. Réglages : Canon EOS R6 Mark II, Sigma 150-600 mm, 1/1250 s et ISO 3200. Sur un sujet aussi petit et mobile, la vitesse a primé sur la crainte du bruit.
C’est une première en 62 ans : les deux grands titres sont en noir et blanc. Pour vous y essayer, notre guide pratique de la photo noir et blanc détaille la conversion pas à pas.
Quelles images françaises figurent au palmarès ?
Trois images françaises reçoivent une mention (« highly commended »). Un portrait en macro, une exposition multiple, une vue de drone : trois techniques à la portée d’un amateur. Le Bird Photographer of the Year de septembre comptait déjà trois photographes de France au palmarès.
Andrea et Maceo Grammatico : 37 vues pour une vipère
« Biting Back », en Portraits animaliers, montre une vipère fer-de-lance (Bothrops asper) au Costa Rica. Andrea et Maceo Grammatico n’ont repéré le moustique, qui boit son sang, qu’en revoyant les images. Le duo y voit « l’un des empilements de mise au point les plus exigeants » de son parcours. Cet empilement compte 37 vues, prises à l’OM System OM-D E-M1 Mark III et 90 mm macro, au flash diffusé.
L’empilement assemble plusieurs vues dont la netteté se décale un peu, pour une zone nette impossible en une prise. Le règlement l’autorise. Notre guide pour débuter en macrophotographie explique la méthode, le flash et le choix de l’objectif.
Michel Tellia : trois expositions sur une seule vue, au bord du Cher
« Layered Reality », en Natural Artistry (art naturel), a été prise à Athée-sur-Cher, en Indre-et-Loire. Michel Tellia a exposé trois fois la même vue, directement dans le boîtier. D’abord l’écorce d’un arbre proche, puis une corneille noire au-dessus d’un frêne. Enfin, les reflets du soleil couchant sur l’eau. Matériel : Canon EOS R6 et 100-500 mm.
Ce détail compte si vous voulez concourir. Le règlement réserve l’exposition multiple à la catégorie Natural Artistry, et seulement faite dans l’appareil. Superposer les vues au développement serait un montage, interdit partout. La fiche de l’image rappelle aussi que le frêne commun, frappé par la chalarose, est désormais quasi menacé.
Greg Lecoeur : un cachalot vu du ciel, près de Nice
« Silent Tragedy », en Océans, vue d’ensemble, montre un cachalot tué par un navire, près de Nice. Greg Lecoeur, qui a fondé l’ONG We Are Méditerranée, l’a photographié au drone DJI Mavic 3 Classic. La scène se passe dans le sanctuaire Pelagos. « Les collisions avec les navires sont une menace majeure mais largement invisible, car elles se produisent loin des côtes », explique Greg Lecoeur.
Le drone a aussi ses règles. Le concours interdit de voler trop bas ou trop bruyamment près d’un animal. Nos 19 conseils pour la photographie au drone partent de la météo et couvrent la réglementation européenne.
Un smartphone, un drone et un boîtier infrarouge au palmarès
D’après les fiches du musée, deux catégories sont gagnées au smartphone. Seth Forestson remporte la Faune urbaine au Google Pixel 7 Pro, avec un varan malais à Bangkok. Amelie Davis gagne les 10 ans et moins avec l’iPhone 14 Pro Max emprunté à son père. Le drone signe aussi une victoire : Alex Lindbloom gagne Océans, vue d’ensemble, au DJI Air 3. Son requin-baleine est éclairé par les lampes d’une plateforme de pêche, au large de la Papouasie. James Lewin gagne Animaux dans leur environnement au Nikon Z 7II converti à l’infrarouge. L’infrarouge adoucit une lumière trop dure.
Le palmarès complet des catégories
| Catégorie | Photographe (pays) |
|---|---|
| Comportement : mammifères | Federico Veronesi (Italie) |
| Comportement : oiseaux | Isak Pretorius (Afrique du Sud) |
| Comportement : amphibiens et reptiles | Anton Sorokin (États-Unis) |
| Comportement : invertébrés | Sitaram Raul (Inde) |
| Animaux dans leur environnement | James Lewin (Royaume-Uni) |
| Portraits animaliers | Aaron Sanders (Royaume-Uni) |
| Plantes et champignons | Agorastos Papatsanis (Grèce) |
| Natural Artistry | Michał Michalski (Pologne) |
| Sous l’eau | Tony Wu (Japon et États-Unis) |
| Océans, vue d’ensemble | Alex Lindbloom (États-Unis) |
| Zones humides, vue d’ensemble | Alex Visbal (Colombie) |
| Faune urbaine | Seth Forestson |
| Photojournalisme | Francisco Negroni (Chili) |
| Prix du reportage photojournalistique | Loren Elliott (États-Unis) |
| Prix du portfolio | Kutub Uddin (Bangladesh et Royaume-Uni) |
| Prix Rising Star | Alexis Tinker-Tsavalas (Allemagne) |
| 15-17 ans | Konrad Gräeter (Allemagne) |
| 11-14 ans | Oscar Whitfield (Royaume-Uni et Zimbabwe) |
| 10 ans et moins | Amelie Davis (Royaume-Uni) |
Source : communiqué du musée. Seth Forestson figure sans pays : le communiqué et la galerie donnent deux nationalités différentes.
Où voir les photos primées ?
Au Natural History Museum de Londres, du vendredi 16 octobre 2026 au dimanche 11 juillet 2027. Les 100 images sont visibles tous les jours de 10 h à 17 h 50. Le billet adulte coûte de 17 à 21 £ selon le jour, soit environ 20 à 25 €. Une tournée suivra au Royaume-Uni et à l’étranger.
Comment participer à la 63ᵉ édition ?
Les candidatures ouvrent le lundi 19 octobre 2026 à 12 h 30, heure de Paris. Elles ferment le jeudi 3 décembre, toujours à 12 h 30. La page officielle du concours affiche 10 h 30 puis 11 h 30 GMT, heure d’hiver oblige. L’inscription adulte coûte 35 £ (env. 41 €) pour 25 photos au plus. Elle est gratuite pour les 18-26 ans, les moins de 18 ans et une liste de pays. Les images doivent dater d’après octobre 2021.
Le grand titre vaut 10 000 £ (env. 11 800 €). Le règlement interdit tout appât et toute image générée ou complétée par IA. L’empilement de mise au point, le HDR et les panoramas restent admis. Le RAW est exigé en finale. Pour d’autres concours ouverts cet automne, voyez notre sélection des concours photo d’octobre.
FAQ
Qui a gagné le Wildlife Photographer of the Year 2026 ?
Federico Veronesi (Italie), avec « The Aftermath » : une éléphante qui porte son petit mort, en Namibie. Le palmarès a été annoncé le 13 octobre 2026.
La France est-elle représentée au palmarès 2026 ?
Oui, trois images françaises reçoivent une mention : celles d’Andrea et Maceo Grammatico, de Michel Tellia et de Greg Lecoeur.
Où et jusqu’à quand voir l’exposition ?
Au Natural History Museum de Londres, du 16 octobre 2026 au 11 juillet 2027. Le billet adulte coûte de 17 à 21 £, soit environ 20 à 25 €.
Quand ouvre la 63ᵉ édition du concours ?
Le lundi 19 octobre 2026 à 12 h 30, heure de Paris, jusqu’au jeudi 3 décembre à 12 h 30. L’inscription coûte 35 £ (env. 41 €), gratuite jusqu’à 26 ans.
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