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Bird Photographer of the Year 2026 : trois Français au palmarès

Un fou de Bassan qui plonge sous la surface remporte le Bird Photographer of the Year 2026. Palmarès complet, trois Français primés et règles de l'édition 2027.

Fou de Bassan en gros plan, bec ouvert et œil bleu pâle cerclé de noir

L’essentiel

Le palmarès du Bird Photographer of the Year 2026 a été publié dans la nuit du 21 au 22 septembre 2026. Le titre et les 3 000 £ reviennent au Britannique Henley Spiers pour « Sunball Rocket », un fou de Bassan qui plonge sous la surface au large de l’Écosse. Plus de 24 000 images étaient en lice. Trois photographes français figurent au palmarès : Romain Barats signe un doublé avec deux images de manchots papous en Antarctique, Yann Bigant prend l’argent en conservation avec des oiseaux vendus sur un marché de Phnom Penh, et Eugène Soussan le bronze chez les 15-17 ans. L’édition 2027 est déjà ouverte aux inscriptions, jusqu’au 13 décembre.

Un fou de Bassan lancé à 86 km/h

« Sunball Rocket » montre un fou de Bassan qui semble traverser le soleil au moment où il perce la surface de l’eau, au large de l’Écosse selon la légende reprise par PetaPixel. L’image remporte aussi l’or de la catégorie Oiseaux dans leur environnement. Henley Spiers repart avec une troisième distinction, l’argent en Perspectives créatives, pour « Turbulence », un autre fou de Bassan saisi dans les eaux sombres des côtes britanniques.

Le texte qui accompagne l’image sur la page officielle des lauréats insiste sur la mécanique du plongeon. Ailes repliées, l’oiseau se change en torpille et entre dans l’eau jusqu’à 86 km/h, quand un plongeur olympique ne dépasse pas 60 km/h. Des muscles verrouillent les vertèbres du cou au moment de l’impact, des sacs d’air dans la face et la poitrine font office d’airbags, et les narines, internes, empêchent l’eau d’entrer pendant la pêche.

Le sujet n’a rien d’exotique pour un photographe français. D’après la fiche espèce de la LPO, le fou de Bassan ne se reproduit en France qu’en deux endroits : la réserve naturelle des Sept-Îles, dans les Côtes-d’Armor, qui a compté jusqu’à 20 000 couples, et un couple isolé dans le port de Carry-le-Rouet. Si l’envie vous prend d’aller le photographier, nos dix conseils pour débuter en photo animalière sont un bon point de départ.

Trois Français au palmarès

Romain Barats réussit le doublé avec deux images de manchots papous. La première, « Deception’s Hope », prend l’argent dans la catégorie Oiseaux urbains ; la légende diffusée avec l’image, reprise par PetaPixel, la situe sur l’île de la Déception, près de la péninsule Antarctique. La seconde, « Back to Fishing », obtient le bronze en Oiseaux dans leur environnement, derrière Henley Spiers et Åsmund Keilen. Placer des manchots dans une catégorie « urbaine » a de quoi surprendre, et la légende n’en dit pas plus.

Yann Bigant prend l’argent de la catégorie Conservation (image seule) avec « Birds in the Red » : des blongios de Chine et d’autres oiseaux d’eau mis en vente en plein centre de Phnom Penh, au Cambodge. C’est la catégorie où une seule image doit porter un message de protection. L’or y revient à Kent Stuart (États-Unis) pour un grand héron au bec entravé par un fil et un bouchon de pêche, dans l’État de Washington.

Chez les jeunes, Eugène Soussan décroche le bronze des 15-17 ans avec « Black and Wings ». La catégorie est remportée par Parham Pourahmad (États-Unis, 16 ans), dont le grand-duc d’Amérique se découpant sur la pleine lune, « Moonlit Night », vaut aussi le titre de Young Bird Photographer of the Year.

Le palmarès complet

Huit catégories adultes étaient en compétition. Noms, pays et titres viennent de la page officielle des lauréats 2026.

CatégorieOrArgentBronze
Meilleur portraitThomas Deliberto (États-Unis)Volker Widmann (Allemagne)David Stowe (Australie)
Oiseaux dans leur environnementHenley Spiers (Royaume-Uni)Åsmund Keilen (Norvège)Romain Barats (France)
ComportementDonald Chin (Australie)Mark Carwardine (Royaume-Uni)Bernhard Schubert (Autriche)
Oiseaux en volIvan Sjögren (Suède)Alex Pansier (Pays-Bas)Patryk Kurc (Pologne)
Noir et blancRahul Sachdev (Inde)Raoul Slater (Australie)Julian Terreros-Martin (Espagne)
Oiseaux urbainsGianluca Damiani (Italie)Romain Barats (France)Julian Fernandez Quilez (Espagne)
Perspectives créativesÅsmund Keilen (Norvège)Henley Spiers (Royaume-Uni)Julian Łoziński (Pologne)
Conservation (image seule)Kent Stuart (États-Unis)Yann Bigant (France)Luca Eberle (Italie)

Trois prix spéciaux complètent le palmarès. Liron Gertsman (Canada) remporte le prix du portfolio avec une série sur les frégates, ces oiseaux marins qui ne peuvent pas se poser sur l’eau et volent leur nourriture aux autres espèces, ainsi que le prix vidéo, consacré aux pygargues à tête blanche qui se rassemblent par centaines près de l’île de Vancouver pour pêcher le merlu. Le prix Conservation va à Conrad Dickinson (Royaume-Uni) pour une série sur la persécution des busards Saint-Martin en Angleterre, où la population compte moins de 10 % des plus de 300 couples que les landes devraient accueillir. Chez les plus jeunes, l’or des 12-14 ans va à Paula Czaeczine (Allemagne) et celui des 11 ans et moins à Alberto Román Gómez (Espagne).

Ce que ces images disent de la photo d’oiseaux

Bonne nouvelle pour qui n’a pas de 600 mm : plusieurs médailles reposent sur des techniques à la portée de tous. Åsmund Keilen gagne les Perspectives créatives avec un martinet noir capturé en exposition multiple dans l’appareil, reflété dans le toit brillant d’une voiture bleue. Julian Łoziński prend le bronze de la même catégorie avec un jeune grèbe huppé photographié en flou de bougé volontaire, une approche proche de celle de notre guide du flou de mouvement. Patryk Kurc saisit un butor étoilé à contre-jour, face au soleil levant, depuis un affût flottant : l’esprit de nos conseils pour maîtriser la photographie de silhouettes.

L’autre message de cette édition porte sur l’authenticité. « Dans un monde où les images générées par IA deviennent de plus en plus courantes, les lauréats de cette année rappellent avec force la valeur de l’authenticité », résume Will Nicholls, à la tête du concours, cité par PetaPixel. Le règlement va dans le même sens : outils d’IA interdits, sauf pour le débruitage et l’accentuation. Apple prend le problème par l’autre bout avec l’image de référence signée par le capteur de l’iPhone 18 Pro.

Septembre aura été riche en palmarès de nature : avant celui-ci, nous avons relayé l’Ocean Photographer of the Year et sa victoire française puis l’Astronomy Photographer of the Year. Pour le matériel, notre sélection des meilleurs objectifs animaliers fait le tri par budget.

Participer à l’édition 2027

La douzième édition est déjà ouverte. D’après le règlement officiel, les images doivent être envoyées avant le 13 décembre 2026 à 23 h 59, heure de Londres (0 h 59 le 14 décembre à Paris). L’inscription adulte coûte 35 £ pour 25 images, puis 40 £ à partir du 8 décembre, sans limite de nombre. La compétition jeunes, ouverte jusqu’à 17 ans, ne demande aucun crédit d’inscription.

La page des prix annonce 3 000 £ pour le lauréat général, 500 £ pour chaque or des huit catégories, 250 £ pour l’argent et un bon d’achat de 100 £ en matériel pour le bronze. Les prix du portfolio et de la conservation valent chacun 500 £.

Sur le terrain, le règlement est strict. L’appât vivant est interdit, tout autre moyen d’attirer les oiseaux, graines comprises, doit être déclaré dans la légende, et les repasses sonores comme les leurres sont exclus. Le travail près des nids est déconseillé et n’est accepté qu’avec les autorisations nécessaires. Côté retouche, seuls le HDR, les panoramas assemblés, l’empilement de mise au point et les expositions multiples faites dans l’appareil échappent à l’interdiction des montages ; le clonage n’est admis que pour effacer des poussières. Ces règles rejoignent notre code de conduite pour la photographie animalière. Pour les autres concours ouverts aux amateurs, voyez notre sélection de concours photo d’octobre.

FAQ

Qui a gagné le Bird Photographer of the Year 2026 ?

Henley Spiers (Royaume-Uni), pour « Sunball Rocket », un fou de Bassan qui plonge sous la surface au large de l’Écosse. L’image remporte le titre, 3 000 £ et l’or de la catégorie Oiseaux dans leur environnement. Le palmarès a été publié le 22 septembre 2026.

Y a-t-il des Français au palmarès 2026 ?

Oui, trois. Romain Barats obtient l’argent en Oiseaux urbains et le bronze en Oiseaux dans leur environnement, avec deux images de manchots papous en Antarctique. Yann Bigant prend l’argent en Conservation (image seule), et Eugène Soussan le bronze chez les 15-17 ans.

Combien d’images ont été présentées ?

Plus de 24 000, selon l’organisateur. Le concours reverse une partie de ses recettes à l’association Birds on the Brink, qui finance des projets de conservation des oiseaux.

Comment participer à l’édition 2027 ?

Les inscriptions se font sur le site du concours jusqu’au 13 décembre 2026 à 23 h 59, heure de Londres. Il faut compter 35 £ pour 25 images, 40 £ à partir du 8 décembre. La compétition jeunes, jusqu’à 17 ans, ne demande aucun crédit d’inscription.

L’intelligence artificielle est-elle autorisée ?

Non. Le règlement interdit les outils d’IA, pour les réglages comme pour la génération d’images, à l’exception du débruitage et de l’accentuation. Les montages sont exclus, sauf le HDR, les panoramas, l’empilement de mise au point et les expositions multiples réalisées dans l’appareil.