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Photographes trop près d'un puma : où est la limite ?

Une vidéo virale de photographes au ras d'un puma sauvage au Chili relance une question simple : jusqu'où peut-on s'approcher d'un animal pour une photo ?

Puma sauvage dans le parc national Torres del Paine, au Chili

L’essentiel

Une vidéo tournée dans le parc national de Torres del Paine, au Chili, montre une puma sauvage passant à quelques mètres d’un groupe de photographes. L’animal, une femelle connue nommée Dania, ignore les humains : elle traque un guanaco. La scène est devenue virale et a déclenché une vague de critiques sur « l’irresponsabilité » des photographes. Ces derniers se défendent : selon la photographe Belen Etchegaray, citée par PetaPixel, le groupe est resté immobile sur la route et n’a jamais approché la puma, qui s’est dirigée vers eux. L’épisode relance une question de fond : jusqu’où peut-on s’approcher d’un animal sauvage pour une image ? Voici ce qui s’est passé, et nos repères pour photographier sans nuire.

Au programme4 sections
  1. Ce que montre la vidéo
  2. « On n’a jamais approché » : la défense des photographes
  3. Jusqu’où s’approcher ? La vraie ligne n’est pas une distance
  4. Nos repères pour photographier sans déranger

Ce que montre la vidéo

La séquence a été tournée à Torres del Paine, en Patagonie chilienne. Ce parc est l’un des rares endroits au monde où l’on photographie régulièrement des pumas à l’état sauvage. La population locale compte environ 200 individus, suivis de près par des pisteurs et par les opérateurs de tourisme.

Dania fait partie des pumas les mieux documentés de la région. Les guides la reconnaissent à une entaille sur l’oreille gauche. À force de croiser des visiteurs, elle est devenue calme et tolérante envers l’humain. Sur la vidéo, elle avance vers un groupe de photographes, puis les dépasse sans un regard. Sa cible n’est pas eux : c’est un guanaco, ce grand herbivore cousin du lama.

La scène a circulé très vite. Beaucoup de commentaires ont dénoncé une présence humaine trop rapprochée. Si vous débutez sur ce terrain, notre guide pour débuter en photographie animalière pose les bases d’une approche sûre et respectueuse.

« On n’a jamais approché » : la défense des photographes

Face aux critiques, la photographe Belen Etchegaray a publié la séquence complète, non coupée. Elle y montre que la puma marche vers le groupe, et non l’inverse. « Nous avons suivi les instructions des pisteurs à tout moment, en restant immobiles sur la route, et à aucun moment nous n’avons approché la puma », explique-t-elle (propos rapportés par PetaPixel).

Elle ajoute une phrase qui résume l’enjeu : « prendre une photo n’est jamais plus important que le sujet que l’on photographie ». La municipalité de Torres del Paine a tout de même contacté le groupe au sujet de « l’absence de protocoles d’observation sûrs ». Signe que la limite, ici, ne se règle pas d’un simple coup d’œil.

Jusqu’où s’approcher ? La vraie ligne n’est pas une distance

Le réflexe est de raisonner en mètres. C’est un mauvais repère. Un animal habitué, comme Dania, peut passer près de vous sans stress. Un animal farouche peut être perturbé à trente mètres. La bonne question n’est donc pas « à combien je suis ? » mais « est-ce que ma présence change son comportement ? ».

C’est le principe qui structure notre code de conduite pour la photographie animalière : l’animal d’abord, l’image ensuite. Dès qu’un sujet vous fixe, s’immobilise, fuit ou modifie sa trajectoire, vous êtes trop près. Le fait de rester immobile, comme l’a fait le groupe au Chili, va dans le bon sens : c’est l’animal qui décide de la distance, pas le photographe.

Une pratique brouille cette ligne : l’appâtage. Nourrir un animal sauvage pour provoquer une rencontre rapprochée est dangereux pour les visiteurs et néfaste pour le sujet, qui finit par associer l’humain à la nourriture. Les grandes références du domaine, comme le guide d’éthique animalière du National Geographic, rangent cette méthode parmi les pratiques à proscrire. Une belle photo obtenue ainsi n’a plus aucune valeur.

Nos repères pour photographier sans déranger

Quelques règles simples suffisent à rester du bon côté :

  • Le téléobjectif, pas les pieds. On gagne en distance avec la focale, jamais en avançant. Un 400 mm ou un 500 mm change tout.
  • Jamais d’appât ni de nourriture pour attirer un animal. Ni cri, ni drone au ras du sujet.
  • On recule dès que le comportement change. Regard fixe, oreilles couchées, fuite : ce sont des signaux d’arrêt.
  • On respecte les protocoles du parc et les consignes des pisteurs, qui connaissent l’animal.
  • La photo ne prime jamais sur le sujet. En cas de doute, on renonce à l’image.

Cette éthique de terrain a un écho en post-traitement : jusqu’où retoucher sans trahir la scène ? Nous l’abordons dans notre article sur la post-production et ses limites. Et pour transformer une bonne intention en bonne image, tout se joue souvent sur le cadrage : notre guide sur l’importance d’une bonne composition reste la meilleure porte d’entrée.

Foire aux questions

Que s’est-il passé exactement avec la puma Dania ?

À Torres del Paine, au Chili, une puma sauvage nommée Dania est passée à quelques mètres d’un groupe de photographes pendant qu’elle traquait un guanaco. Elle a ignoré les humains. La vidéo est devenue virale et a été critiquée en ligne pour une proximité jugée excessive.

Les photographes ont-ils enfreint les règles ?

Selon la photographe Belen Etchegaray, le groupe est resté immobile sur la route et n’a jamais approché l’animal, qui s’est dirigé vers eux. La municipalité de Torres del Paine a néanmoins alerté sur l’absence de protocoles d’observation sûrs. Les faits restent débattus.

À quelle distance peut-on photographier un animal sauvage ?

Il n’existe pas de distance universelle. Le bon repère est le comportement de l’animal : s’il vous fixe, s’immobilise ou fuit, vous êtes trop près. On privilégie le téléobjectif pour garder ses distances et on laisse l’animal choisir la proximité.

Qu’est-ce que l’appâtage et pourquoi est-ce un problème ?

L’appâtage consiste à nourrir un animal pour provoquer une rencontre rapprochée. Il habitue le sujet à associer l’humain à la nourriture, ce qui est dangereux pour les personnes et néfaste pour l’animal. C’est une pratique proscrite par les chartes de photographie animalière.

Peut-on encore faire de belles photos d’animaux sans les déranger ?

Oui. La patience, un bon téléobjectif et la connaissance du terrain donnent de meilleures images que la proximité forcée. Une photo obtenue en respectant l’animal a plus de valeur, et se pratique sans risque pour le sujet comme pour le photographe.

Sources : PetaPixel — Are These Photographers Too Close to This Wild Puma? (14 juillet 2026), Digital Camera World — tracking éthique des pumas en Patagonie.

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